Les bancaires européennes à nouveau dans la tourmente

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Deutsche bank

Les titres bancaires européens, qui se sont fait massacrer à plusieurs reprises durant ces 12 dernières années, passent à nouveau un sale quart d’heure. Vendredi, le Stoxx 600, l’indice qui rassemble la majorité des grands titres bancaires européens dont Deutsche Bank, a connu un plus bas à 130,5 pour clôturer à 131,2, très proche de son plus bas du 27 décembre 2018 (129).

Stoxx 600

Aujourd’hui, le Stoxx 600 est en baisse de 21,5 % par rapport il y a un an, de 33 % depuis janvier 2018. (…) Depuis mai 2007, l’indice a plongé de 75 %. Aujourd’hui, il est au même niveau que celui enregistré en octobre 1995. Un faisceau de facteurs n’ont cessé de martyriser ces titres, dont :

  • Courant 2007, explosion de la bulle bancaire européenne ;
  • 2008, crise financière avec effondrement des marchés immobiliers en Espagne, Irlande, Portugal, Grèce, etc. ;
  • 2009, crise de la dette souveraine en zone euro, puis démarrage de la crise bancaire dans les pays du sud de l’Europe ;
  • Juin 2014, les taux négatifs de la BCE censés résoudre le problème de la dette souveraine impactent les banques ;
  • Courant 2015, la crise bancaire italienne refait surface, car les problèmes de fond n’ont pas été réglés, les taux négatifs ne font qu’empirer les choses ;
  • Juin 2016, le Brexit est voté en Grande-Bretagne, ce qui fait plonger le Stoxx 600 de 21 % en 2 séances, une chute sur 2 jours jamais vue auparavant ;
  • Début 2018, Deutsche Bank et d’autres bancaires recommencent leur descente vers le fond.

Si on remet donc cette baisse de 33 % depuis janvier 2018 en perspective, il s’agit d’un creux minuscule dans le cadre d’un effondrement à long terme dont la source remonte à 2007. Placer à long terme, n’est-ce pas ?

Les taux négatifs sont l’un des problèmes des banques européennes. Ils n’ont jamais été conçus pour doper l’économie réelle ou pour assainir les banques, ce qui est nécessaire pour soutenir une économie en expansion. Les taux négatifs ont été mis en place afin de doper le prix des obligations, et donc de faire baisser les taux, ce qui réduit le coût de financement de pays indisciplinés comme l’Italie. (…)

Un prix à payer

En août 2018, la BCE a publié une note de recherche dans laquelle elle admet que les taux négatifs sont susceptibles de générer une crise financière, car ils sont mauvais pour les banques. Voici un extrait particulièrement glaçant :

« Nous montrons que la politique des taux négatifs influence le crédit bancaire d’une nouvelle façon. Les banques sont réticentes à l’idée de répercuter les taux négatifs sur les épargnants. Cela fait augmenter les coûts des banques qui possèdent de gros dépôts.

En conséquence, l’introduction des taux négatifs par la BCE à la mi-2014 a engendré une plus grande prise de risque par les banques, qui accordent moins de crédits. Nos résultats suggèrent que les taux négatifs sont moins accommodants, posent même un risque à la stabilité financière. »

Les banques européennes ont de nombreux problèmes, dont leurs créances douteuses. Le nettoyage n’a pas été suffisant, tandis que dans des pays comme l’Italie de nouveaux crédits non performants font leur apparition.

Plusieurs banques italiennes ont fait faillite durant ces dernières années, ou ont été renflouées. Mais les problèmes semblent s’être propagés dans le secteur au lieu d’être réglés. L’indice des banques italiennes va de mal en pis. Mais s’il y a une banque européenne qui se distingue, particulièrement en raison de sa taille, c’est la Deutsche Bank. Le 3 juin, son titre a atteint un nouveau plus bas historique à 5,80 euros. Depuis son pic de 2007, l’action DB a chuté de 95 %.

Si une chose est claire, c’est qu’on ne laissera pas la Deutsche Bank aller au tapis, elle pèse trop lourd. Sa faillite entraînerait avec elle toute l’économie allemande. Elle sera sauvée d’une manière ou d’une autre. Mais peu importe la façon, ses actionnaires et les porteurs d’obligations DB devront payer les pots cassés.

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