Hier, l’or a continué de s’apprécier modestement pour enchaîner une 5e séance positive de rang. Cependant, la journée aurait pu mieux se finir. Profitant de la baisse des taux obligataires, le métal jaune a atteint 1.813 $ pour ensuite reculer avec la majorité des autres actifs financiers. L’argent a en revanche fini dans le rouge à l’occasion d’une session volatile, même si le métal gris est actuellement occupé à compenser ces pertes. Reste à savoir si les métaux précieux seront capables de maintenir leurs gains d’ici la fin de la journée, ou s’ils feront machine arrière en soirée comme ce fut le cas ce mardi.

Jim Wyckoff estime que c’est la lourde chute des cours du pétrole qui a provoqué la petite panique d’hier sur les marchés actions. Dans cette tourmente généralisée, les métaux précieux ont piqué du nez bien bien qu’ils avaient très bien démarré la journée.

Après avoir atteint plus de 1,7 % en avril, le bon du Trésor sur 10 ans est désormais à 1,363 %. L’or profite de cette nouvelle tendance baissière des taux obligataires, mais doit aussi composer avec le dollar. Hier, le billet vert s’est apprécié. Les métaux précieux doivent donc jouer aux équilibristes avec ces forces qui s’opposent. Aujourd’hui, c’est le compte rendu de la dernière réunion de la FED qui va animer la journée.

Les supermarchés US augmentent leurs stocks pour se protéger de l’inflation, selon le Wall Street Journal

L’année dernière, le secteur de la distribution avait été perturbé par les achats massifs de particuliers qui constituaient des stocks par crainte de pénuries. Désormais, ce sont les magasins eux-mêmes qui adoptent une politique du stockage en accumulant des denrées pour se protéger de la hausse anticipée des prix. Selon l’industrie agroalimentaire, cette demande engendre des soucis d’approvisionnement.

Si la situation devait perdurer, elle risquerait de mettre à mal le scénario d’inflation provisoire vendu par la FED. L’inflation qui dérape est un phénomène fortement psychologique qui commence avec ce genre d’attitude. « Les supermarchés stockent de tout, du sucre à la viande congelée avant que les prix augmentent. Les patrons de la distribution se préparent ainsi à ce qu’ils anticipent être des hausses de prix parmi les plus importantes de l’histoire récente », peut-on notamment lire dans l’article du WSJ (source).

Le fonds souverain russe ne détient plus un seul dollar

Hier, le ministre russe des Finances a annoncé avoir terminé la dédollarisation du fonds souverain russe. Pour rappel, Moscou avait annoncé qu’il allait remplacer le dollar par d’autres devises et de l’or dans le fonds.

À l’exception de la FED et de la BCE, les banques centrales serrent la vis

Les banques centrales du monde commencent à réduire leur QE. Au Japon, on y a déjà mis un terme après avoir commencé à réduire les achats il y a quelques mois. Le bilan de la BoJ a même été quelque peu réduit depuis. Ce processus de tapering est déjà en cours au Canada et en Grande-Bretagne. L’Australie vient d’annoncer la réduction progressive de son assouplissement quantitatif.

Du côté des banques centrales des pays émergents, on est déjà dans un processus de relèvement des taux (Russie, Brésil et Turquie, par exemple). La BCE et la FED n’ont toujours pas établi une feuille de route précise pour mettre un terme à leurs interventions. Isabel Schnabel du directoire de la BCE vient de déclarer qu’une inflation supérieure à l’objectif pourrait être nécessaire afin de faciliter la reprise économique. Un avis qui n’est pas partagé par tous ses collègues. Par exemple, le gouverneur de la Banque des Pays-Bas, Klaas Knot, craint que les décideurs sous-estiment les risques de voir l’inflation s’installer en raison des politiques poursuivies. Il a déclaré : « Nous ne devrions pas surestimer notre capacité à prédire l’inflation qui sera transitoire ou pas. Il y a d’autres scénarios concevables que celui de la basse inflation persistante. L’inflation n’est pas morte. »