Les mythes des effets des baisses d’impôts

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fiscalité et croissance économique

L’administration Trump souhaite réformer la fiscalité sur le revenu et les entreprises afin de la simplifier et de réduire son poids. Si cette volonté est louable, il y a juste un petit souci : les États-Unis sont déjà lourdement endettés. L’idée est que la croissance permettra de compenser la baisse des recettes fiscales, mais est-ce réaliste ? Cet article de RealInvestmentAdvice (traduction des passages clés) s’est penché sur ce sujet en réfutant quelques mythes concernant les effets des baisses d’impôts :

Premier mythe : les baisses d’impôts généreront une reprise économique

Comme le Comité pour un budget fédéral responsable l’a mentionné la semaine dernière :

« Les baisses d’impôts ne sont pas compensées par le regain d’activité économique. Elles peuvent certes créer de la croissance, mais de l’ordre de quelques dixièmes de pour cents maximum. Elles peuvent encore moins compenser des pertes de trillions de recettes. Se baser sur des projections de croissance qu’aucun prévisionniste indépendant n’est en mesure de valider n’est pas la méthode à suivre pour réformer la fiscalité. »

C’est absolument correct, et comme nous l’avons rapporté ce vendredi :

« Comme le graphique ci-dessous le montre, rien ne permet d’établir que les baisses d’impôts engendrent une croissance économique supérieure et durable. Ce graphique met en exergue la période durant laquelle les impôts étaient les plus élevés par rapport à la croissance moyenne du PIB sur 5 ans. Depuis la réforme fiscale de Reagan, la croissance moyenne n’a cessé de baisser. »

baisse des impots : effets sur la croissance

Second mythe : les baisses d’impôts déboucheront sur des hausses de salaire

Il en va de même pour le mythe qui affirme que des baisses d’impôts pousseront les salaires à la hausse. Comme c’est le cas pour la croissance, rien ne prouve qu’une baisse de la fiscalité sera positive pour les salaires des Américains :

De plus, l’idée selon laquelle les sociétés vont embaucher est probablement surestimée. Tandis que la croissance de l’emploi sur le long terme décline, sans parler du fait que nous sommes déjà bien avancés dans le cycle économique actuel, les baisses d’impôts ont peu de chances d’augmenter substantiellement les créations de postes.

Troisième mythe : les baisses d’impôts sont compensées par la croissance

Si le parti républicain a, durant ces 8 dernières années, continué de prôner la « rigueur budgétaire », ses élus ont complètement abandonné tous ces principes durant ces derniers mois dans leur tentative désespérée de faire passer une réforme de la fiscalité.

Les membres du Congrès et les sénateurs républicains, ceux-là mêmes qui viennent d’adopter un budget 2018 irresponsable de plus de 4,1 trillions, nous disent que les baisses d’impôts seront compensées par la croissance au fil de la décennie à venir grâce au surplus d’activité qui générera des rentrées fiscales additionnelles.

Cependant, une fois de plus, nous pouvons voir sur le long terme que ce n’est simplement pas vrai : les déficits n’ont cessé d’augmenter à chaque nouvelle administration depuis Ronald Reagan. De plus, l’augmentation des déficits a fait exploser la dette fédérale, qui se dirige actuellement vers les 21 trillions de dollars et dont la croissance est bien plus rapide que celle de l’activité économique, si bien que la capacité du pays à rembourser pose question.

Les conséquences dans les faits

Dans les faits, cette baisse de la fiscalité aura les conséquences suivantes :

  • Un impact minimal ou nul sur la croissance ;
  • Deux à 5 trillions de dettes supplémentaires, le montant sera déterminé par la sévérité de la prochaine récession ;
  • Augmentation des déficits alors que les avantages sociaux (abattements par enfant) augmentent ;
  • Écart encore plus grand entre les 10 % les plus riches et les 90 % les moins riches.

Les statistiques semblent indiquer que la baisse de la fiscalité sur le revenu n’ayant pas eu les effets escomptés sur la croissance après tant de tentatives infructueuses, on ne peut plus y croire. »