L’euro pourrait détruire l’Europe

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Dollars et euros

Du point de vue de Joseph Stiglitz, l’euro souffre d’un défaut fatal. L’euro est la monnaie unique de 19 pays européens. Une monnaie commune empêche les efforts de pays qui, selon Stiglitz, ont besoin de dévaluer leur devise. Plus généralement, les tentatives de restreindre le contrôle gouvernemental de l’économie attisent la colère de cet ennemi implacable que sont les marchés.

Comme il l’explique :

« Lorsque 2 pays (ou 19) forment une union monétaire, ils se cèdent mutuellement le contrôle de leurs taux. Vu qu’ils utilisent la même devise, il n’y a pas de taux de change, aucun mécanisme permettant de baisser le prix de leur production afin de la rendre plus attractive pour l’exportation. Vu que les ajustements des taux d’intérêt et de change sont parmi les outils les plus importants pour permettre à une économie de maintenir le plein-emploi, la création de l’euro a supprimé ces 2 instruments importants pour atteindre cet objectif. »

Cette limitation de la politique gouvernementale est davantage qu’une supposition théorique. La troïka (Commission européenne, BCE et FMI), influencée par des banquiers allemands malfaisants, a insisté sur la notion d’argent sain aux dépens de la Grèce et d’autres pays ayant besoin de stimulation économique. Pour empirer les choses, la troïka exigeait de ces pays d’augmenter leurs impôts tout en baissant les services publics afin de réduire la dette. En cas de refus, la troïka menace de couper les aides financières à ces gouvernements en détresse.

Si Stiglitz n’est pas un partisan de l’euro, il l’est encore moins du standard or :

« La dépression américaine de la fin du XIXe siècle fut liée au standard or. Sans découvertes majeures de gisements, sa rareté aurait mené à la chute des prix des biens ordinaires par rapport à l’or, ce que nous appelons aujourd’hui la déflation. Cela appauvrissait les fermiers américains, pour lesquels il devenait difficile de rembourser leur dette. Donc le standard or est largement accusé d’avoir aggravé et prolongé la Grande dépression. »

Stiglitz ne relève néanmoins pas que l’un des plus grands défenseurs du standard or, à savoir Jacques Rueff, a sévèrement condamné le standard or en vigueur dans les années 20. Mais passons à côté de cette approximation historique pour nous concentrer sur un problème plus important. Pourquoi Stiglitz pense que les gens ne peuvent pas s’accommoder de prix qui baissent ? Pourquoi le gouvernement doit-il contrôler la masse monétaire et, plus globalement, contrôler les marchés libres ? (…)

Article de David Gordon, publié le 8 janvier 2018 sur Mises.org