Le prix de l’or ne devrait-il pas être plus élevé d’au moins 100 $ par rapport au cours actuel en vertu de la faiblesse des rendements américains ? Le groupe MKS PAMP s’est penché sur la question (source).

Au lieu de connaître un rally dans ce contexte d’aversion au risque, l’or a du mal à se maintenir à plus de 1.800 $ l’once. Au moment de la rédaction de cet article, les contrats à terme d’août du COMEX se négocient à 1.797 $, en baisse de 0,16 % sur la journée.

« Avec cette tendance à l’aversion au risque qui gagne à nouveau les marchés (alors que les actions des régulateurs chinois effraient les investisseurs et pèsent sur les actions mondiales), les rendements américains sont à nouveau sous pression, a déclaré Nicky Shiels, responsable de la stratégie métaux de MKS PAMP GROUP. Les rendements à 10 ans ont poussé à la baisse jusqu’à 1,22 %, les marchés émergents et des changes sont touchés, le VIX grimpe à 20 et les TIP américains ont atteint un autre sommet historique. »

L’or ne réagit pas comme il le devrait aux taux

Pourtant, à la lumière de tous ces facteurs, le rally de l’or brille par son absence. « Il s’agit d’un autre épisode frustrant pour de nombreux investisseurs dans l’or qui explique pourquoi les prix sont constamment en retard sur les rendements américains (réels ou nominaux) », a-t-elle écrit dans son rapport.

D’après l’analyse de Shiels, l’or devrait se situer autour des 1.900 $ l’once. « Compte tenu des rendements actuels d’aujourd’hui, le prix de l’or implicite du modèle régressif est de 1.885 $ ou 1.940 $, en fonction de la base choisie pour les taux réels. En fin de compte, l’or devrait valoir 100 $ de plus sur base de la moyenne pondérée, » a-t-elle déclaré. « Il n’est donc pas étonnant que beaucoup de personnes se demandent pourquoi le cours de l’or n’est pas plus élevé. »

Shiels a fourni 3 raisons pour lesquelles l’or ne réagit pas à la baisse des taux :

  1. La première est le dollar américain, qui est encore assez fort pour peser sur l’or, les marchés anticipant le renforcement du billet vert une fois que la Réserve fédérale commencera à serrer la vis monétaire ;
  2. Deuxièmement, le risque d’une FED agressive. « Une répétition à faible probabilité (mais à fort impact) de la crise de 2013 est un risque. Elle avait coûté 300 $ au prix de l’or, même s’il est peu probable que cela se répète. Cela rend les investisseurs et spéculateurs réticents, ils se tiennent à l’écart et se méfient de tout risque de décrochage », a précisé Shiels ;
  3. Troisièmement, les perspectives techniques à court terme tiennent les investisseurs sur la touche.

Le métal précieux a besoin d’un nouveau catalyseur pour se rapprocher des 1.900 $. En l’absence de celui-ci, il pourrait décrocher à nouveau, a-t-elle ajouté.

« Un nouveau catalyseur haussier est nécessaire, et rapidement, pour que les prix revisitent les 1.900 $. Notamment parce que les marchés respectent de plus en plus l’adage que ce qui ne peut pas grimper doit baisser, explique Shiels. En fin de compte, toute volatilité supplémentaire macroéconomique ou un changement du régime monétaire complaisant que nous connaissons finira par être positif avec le temps. »