« L’or est une affaire à moins de 1300 $ l’once » selon cette analyste

0
820
lingots d'or pur

Le cours de l’or a baissé durant le mois d’avril, jusqu’à abandonner ses gains du début de l’année. Mais son prix pourrait grimper de 20 % en 2019. Jeudi dernier, les contrats à terme ont clôturé à 1272 $, soit une baisse de 0,7 % depuis le début de l’année. En avril, on a enregistré un recul de 1 %, scellant ainsi un 3e mois consécutif de baisse. Le GLD, l’ETF or le plus populaire de la planète, est en baisse de 1,1 % en 2019.

« En 2019, les capitaux ont été investis dans les actions, les bons du Trésor américain et, récemment, le dollar », a déclaré Taki Tsaklanos, fondateur de la société d’analyse financière Investing Haven. Après la hausse du métal jaune, « les investisseurs se sont retrouvés face au mur des 1375 $ l’once. L’impossibilité de franchir ce seuil de résistance a poussé les capitaux à se tourner vers d’autres classes d’actifs défensives », a-t-il ajouté.

Cette année, les grands indices boursiers américains ont progressé. Le S&P 500 et le Nasdaq ont récemment atteint de nouveaux records tandis que le billet vert s’appréciait. Cependant, Tsaklanos considère que l’or à moins de 1300 $ l’once est une « affaire ». L’objectif 2019 de sa société pour le métal jaune est de 1550 $.

Mais pour cela, il faudra des conditions favorables en termes de valeur de l’euro, de taux des obligations américaines et des positions des traders sur les marchés à terme, selon lui. Un euro plus fort par rapport au dollar rendrait le métal jaune meilleur marché dans la zone euro, des taux obligataires plus bas rendraient l’or plus attractif par rapport aux obligations américaines. Enfin, l’intérêt des spéculateurs pourrait mettre une pression à la hausse sur les prix. Ces 3 facteurs pourraient intervenir plus tard en 2019, selon Tsaklanos. Une inflation plus importante pourrait également donner un coup de pouce.

Durant le premier trimestre 2019, la demande mondiale d’or a progressé de 7 % par rapport aux 3 premiers mois de l’année dernière pour atteindre 1053,3 tonnes, d’après le World Gold Council. La demande des investisseurs des marchés émergents fait partie des facteurs susceptibles d’influencer le cours de l’or, selon George Milling-Stanley, responsable de la stratégie or chez eux State Street Global Advisors. Le futur du dollar, de la bourse américaine et l’émergence hypothétique d’une récession sont d’autres facteurs importants.

Milling-Stanley relève que l’or fluctue dans des écarts restreints, oscillant autour de 1250 $ l’once depuis le printemps 2013. Il ne prévoit pas de mouvements majeurs, mais le métal pourrait grimper d’environ 100 $ dans les 6 à 18 mois. Parmi les éléments qui pourraient jouer en défaveur de l’or, il y a la poursuite du raffermissement du dollar et des actions, ou encore une baisse des tensions macroéconomiques et géopolitiques. Cependant, il estime également que les investisseurs sous-estiment sérieusement les risques.

À court terme, le métal jaune pourrait poursuivre sa baisse vu qu’il entre dans une période saisonnièrement faible pour les métaux précieux. Juin est l’un des plus mauvais mois pour l’or, selon Tsaklanos. « Les politiques monétaires des banques centrales sont l’inconnue », a-t-il déclaré, car un changement inattendu pourrait provoquer une baisse importante de l’euro, ce qui serait négatif pour la valeur de l’or en dollars.

Mais Tsaklanos s’attend à voir un marché de l’or qui se revigore durant l’été. En cas de hausse importante des prix, cela devrait avoir lieu selon lui en octobre ou novembre, avec la possibilité de voir le métal prendre la direction des 1550 $ l’once.

Source : MarketWatch.com