L’or pénètre dans la zone des 1 600 $ comme dans du beurre

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lingots d'or pur

Hier, l’or s’est installé au-dessus du seuil psychologique des 1 600 $ alors que des craintes légitimes commencent à se développer en ce qui concerne l’épidémie de coronavirus. Les possibles conséquences en cas de contagion de par le monde pourraient être profondes, et donc impacter significativement l’économie mondiale. Nous vivons dans un monde interconnecté : ce qui se passe dans une région du globe a des conséquences dramatiques sur l’ensemble de la planète.

Cette hausse a lieu malgré la vigueur extrême du dollar, qui présente donc un vent contraire important. Le dollar index est actuellement de 99,3. Soit au-delà des plus hauts enregistrés en août et en septembre 2019. En fait, pour retrouver un dollar aussi fort on doit remonter à la semaine du 27 mars 2017. Simultanément, les 3 indices majeurs des États-Unis ont reculé.

Il semble que le sentiment se focalise à nouveau sur les répercussions potentielles du COVID-19, qui continue de se propager pour faire grimper les statistiques des cas rapportés et des victimes. Jusqu’à la découverte d’un traitement efficace et d’un vaccin, il est très peu probable que cette épidémie reste cantonnée aux frontières chinoises. Tant qu’une solution ne sera pas trouvée, il y aura des pressions baissières sur les actions et des vents favorables pour les métaux précieux, ainsi que pour le dollar.

« La grande vague d’aversion au risque s’est quelque peu dissipée, cela dit les conséquences économiques anticipées continuent d’alimenter la demande pour l’or », a déclaré Stephen Innes, stratégiste en chef d’AxiCorp à Reuters.

« La vigueur du dollar n’a pas vraiment de conséquence sur l’appétit pour l’or… Du point de vue de l’inflation, un dollar plus fort est une épine dans le pied de l’objectif d’inflation de la FED. Il augure donc des taux plus bas », a déclaré Innes à propos du billet vert.

Les investisseurs vont éplucher le compte rendu de la réunion de la FED des 28 et 29 janvier, qui a été publié hier. La croissance des stocks d’or des ETF, qui se poursuit, est un autre indicateur du sentiment des investisseurs. Les stocks de métal du plus gros ETF or du monde, le SPDR Gold Trust (GLD), ont grimpé de 0,6 % ce mardi pour atteindre 929,8 tonnes, soit un record depuis le 11 novembre 2016.

« Il est très difficile de prédire les dynamiques à court terme. Tout simplement parce que le marché est considérablement suracheté en ce moment. En cas de bonne nouvelle, on pourrait assister à une correction de l’or », a déclaré Innes.

Et malgré les soucis que traverse le secteur automobile, le palladium poursuit sa hausse effrénée sur fond de crainte de pénurie. Les nouveaux standards environnementaux, notamment en Chine, devraient également déboucher sur une plus grande utilisation de ce métal par les constructeurs, d’où la hausse parabolique du métal (qui s’est apprécié d’environ 100 $ l’once en 30 minutes ce 18 février).