L’or proche de son plus haut de 6 ans en raison de la crise au Moyen-Orient

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Donald Trump nous a habitués aux volte-face. Après ses déclarations de candidat concernant « les bulles affreuses », Trump président se vante sur Twitter à chaque fois que les marchés battent leur record. Et après avoir répété à maintes reprises que les États-Unis devaient se désengager militairement, il a commandité l’élimination du numéro 2 du régime iranien et refuse de quitter l’Irak malgré la demande du gouvernement…

L‘or profite bien entendu de ce climat très dangereux. Une maigre consolation face aux dangers qui menacent désormais : le métal jaune est proche de son plus haut de ces 6 dernières années, comme l’explique cet article de Bloomberg :

« L’or s’est approché de son plus haut de 6 ans après l’élimination du général le plus puissant de l’armée iranienne, ce qui a fait monter de plusieurs crans les tensions au Moyen-Orient et a alimenté la demande pour les valeurs refuges. L’or a grimpé jusqu’à 1553,52 $ (plus de 1570 $ au moment d’écrire ces lignes) sur le marché spot, pour atteindre son plus haut depuis septembre. Les contrats à terme sur le platine ont atteint les 1000 $ l’once (plus haut de 2 ans), tandis que l’argent métal et d’autres actifs similaires ont également progressé.

L’opération américaine à Bagdad ordonnée par le président Trump a éliminé Qassem Soleimani, le général iranien à la tête des Forces Qods des Gardiens de la Révolution islamique. Le leader suprême de l’Iran a promis des « représailles significatives ». Les États-Unis vont désormais envoyer 2.800 hommes supplémentaires pour renforcer le contingent existant des 700 soldats US qui se trouvent au Koweït.

Cet événement a permis à l’or de poursuivre sa hausse après sa plus belle année depuis près d’une décennie. Cette hausse a été alimentée par des taux plus bas, les tensions géopolitiques et l’affaiblissement du dollar.

« Les participants aux marchés craignent désormais une nouvelle escalade des tensions dans une région où la situation est toujours électrique », a déclaré Daniel Briesemann, analyste de Commerzbank, interrogé vendredi dernier. « Les frappes américaines en Irak sont la seule raison de la hausse de l’or aujourd’hui. » (…)

La hausse conséquente de l’or de 2019 a marqué un tournant dans le sentiment des investisseurs par rapport à l’or, d’après RBC Capital Markets. Cette société anticipe la poursuite de la hausse en 2020 et en 2021. L’objectif 2020 de Goldman Sachs, Citigroup et UBS est à 1600 $ l’once.

« Les événements d’aujourd’hui ont permis d’accélérer l’inéluctable test du plus haut de septembre », a déclaré Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières de Saxo Bank. « Les craintes concernant la hausse de l’inflation en raison de prix alimentaires et pétroliers plus élevés, en combinaison avec les incertitudes géopolitiques constituent un cocktail puissant pour un marché qui avait déjà le vent en poupe. »

Historiquement, le mois de janvier est le plus favorable à l’or, d’après le stratégiste matières premières de Bloomberg Intelligence Mike McGlone. Durant les 20 dernières années, le métal jaune a progressé en moyenne de 2,7 % durant le premier mois de l’année. Sur base de la moyenne de ces 5 dernières années (5,2 %), l’or pourrait flirter avec 1600 $ à l’approche de février.

Cela dit, les événements géopolitiques ont rarement un effet durable sur l’or, sauf en cas de conséquences significatives sur l’économie ou les marchés financiers, a déclaré Carsten Menke, analyste de Julius Baer.

L’or a également été dopé par la publication des derniers chiffres du PMI américain, qui ont affiché leur pire performance depuis la fin de la récession.

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