L’or proche d’un plus haut de 20 ans par rapport aux autres métaux précieux

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lingotins d'or de 50 grammes, 20 grammes, etc.

Après quelques années de purgatoire, le marché de l’or est de retour. Depuis le début de l’année, le métal jaune s’est apprécié de près de 20 % alors que les investisseurs se ruaient vers les valeurs refuges en raison des incertitudes politiques et des guerres commerciales.

Alors que la FED est devenue plus conciliante et que les taux ont généralement baissé, le coût d’opportunité découlant d’un investissement dans l’or (et sa détention) a également été réduit. En juin, l’or a franchi la barrière des 1400 $. Quelque chose qu’il n’avait plus fait depuis la correction de 2013.

Mais la performance 2019 de l’or est encore plus impressionnante si on la compare avec celles des autres métaux précieux tels que l’argent et le platine. Un seul a fait mieux que le métal jaune : le palladium a bondi de près de 40 % depuis le début de l’année.

Le baromètre du ratio or/argent

Le ratio or/argent détermine le nombre d’onces d’argent nécessaire pour acheter une once d’or. Il s’agit d’un baromètre auxquels les investisseurs sont particulièrement attentifs. Durant les 20 dernières années, ce ratio fut d’environ 64. Fin septembre 2019, il a grimpé jusqu’à 87, soit un niveau s’approchant du record historique de 92 de juin 2019. Aujourd’hui, le ratio reste plus élevé de 33 % par rapport à sa moyenne à long terme. Il se trouve également dans le 95e percentile. Ce qui signifie qu’il s’est trouvé à ces niveaux que dans seulement 5 % des cas.

Les investisseurs qui pensent que le ratio va se rééquilibrer estiment implicitement que l’argent métal va surperformer l’or. C’est historiquement ce qui s’est passé, et inversement.

Les cousins de l’or

Si on peut considérer l’argent métal comme le petit frère de l’or, le palladium et le platine sont davantage des cousins éloignés. Jusqu’à 2010, le cours du platine était substantiellement plus élevé que celui de l’or. C’est aujourd’hui l’inverse. L’or vaut même 600 $ l’once de plus que le platine.

La demande du secteur automobile pour ce métal est en berne. Ce métal est principalement utilisé dans les catalyseurs des véhicules diesel. Une motorisation dont la demande souffre en raison du pivot du secteur automobile vers les motorisations essence et, dans une moindre mesure, électriques et hybrides. Cela dit, malgré la faiblesse de la demande industrielle le platine pourrait connaître un regain d’intérêt en raison de son prix abordable par rapport à l’or. Que ce soit du côté des investisseurs ou de la joaillerie.

Le palladium est parvenu à faire mieux que l’or cette année. Son prix a d’ailleurs doublé depuis son plus bas de juillet 2018. Pour la première fois de l’histoire, le palladium a clôturé au-delà des 1600 $ l’once (en septembre 2019). Ce métal est cependant bien plus dépendant de la demande automobile que le platine.

D’après Metal Focus, les catalyseurs représentent environ 40 % de la demande de platine, pour 80 % de la demande palladium. Malgré le ralentissement mondial des ventes automobiles, les normes plus strictes d’émissions en Chine et l’abandon progressif du diesel ailleurs signifient que la demande pour le palladium reste robuste. L’offre est principalement concentrée en Russie en Afrique du Sud. Créer de nouvelles mines prend du temps.

2019 fut une année passionnante pour les investisseurs qui s’intéressent aux métaux précieux, notamment en raison des seuils de résistance dont l’or s’est affranchi. La valeur relative entre l’or et le platine et l’or et l’argent sont à des niveaux historiquement significatifs, ce qui implique qu’il y a peut-être des opportunités de trading à exploiter.

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