Manipulation du cours de l’or : un ex-opérateur d’UBS accusé

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Un ancien trader d’UBS est accusé de conspiration et de fraude dans le cadre de son rôle supposé dans la manipulation du prix des métaux précieux. Son nom avait déjà été cité en 2014 dans le cadre de l’affaire UBS, mais il n’avait pas été inquiété (source).

André Flotron, ancien employé de la banque qui travaillait en Suisse et à Stamford, Connecticut, est le second individu publiquement inculpé dans le cadre de l’enquête américaine concernant la manipulation du cours de l’or, de l’argent, du platine et du palladium. Flotron, de nationalité helvète, a été arrêté alors qu’il rendait visite à sa petite amie dans le New Jersey. Il est accusé de conspiration, de fraude informatique, de fraude sur les matières premières et de spoofing. Si la charge la plus sérieuse est retenue, il risque jusqu’à 25 ans de prison.

Flotron, âgé de 54 ans, est apparu ce mercredi menottes aux poignets devant la cour fédérale de Newark. Le juge ne lui a pas accordé la liberté sous caution, le procureur craignant qu’il en profite pour s’échapper en Suisse. Flotron sera incarcéré jusqu’à ce qu’il soit jugé dans le Connecticut, où la plainte a été enregistrée. Le juge a également fixé une audience préliminaire au 22 septembre.

« Nous allons nous battre », a déclaré son avocat, Marc Mukasey, au juge Michael Hammer. « Il y a un gros souci à clarifier, à savoir s’il s’agit d’un crime créé par le gouvernement ou d’une pratique répandue dans ce secteur d’activité. »

L’arrestation de Flotron étend l’enquête du département de la Justice visant à déterminer si des opérateurs bancaires ont conspiré pour manipuler les taux de référence et les marchés des changes entre 2008 et 2013. Les investigations, qui ont découlé sur des accusés ayant plaidé coupables et des milliards de dollars d’amende infligés à des banques parmi les plus importantes du monde, ont poussé les procureurs généraux à commencer à enquêter sur des traders métaux précieux qui auraient éventuellement placé de gros ordres sans l’intention de les concrétiser afin de provoquer des mouvements de prix en leur faveur, une tactique connue sous le nom de « spoofing ».

Des ordres énormes

« Flotron et les autres comploteurs plaçaient un ou plusieurs ordres énormes sur les marchés à terme des métaux précieux avec pour intention de les annuler avant leur exécution », d’après la plainte enregistrée dans le Connecticut.

Tandis que les ordres de spoofing étaient en attente, Flotron et ses acolytes plaçaient souvent de petits ordres prenant le contre-pied du spoofing afin d’essayer de profiter du mouvement qu’ils avaient provoqué, les procureurs généraux accusent dans la plainte.

Le dossier du département de la justice contre Flotron a pu être monté avec l’assistance d’un autre opérateur d’UBS, dont l’identité n’a pas été révélée, qui a pu éviter l’inculpation en acceptant de collaborer à l’enquête. Les enquêteurs disposent également de données corroborant ses dires.

Cet ancien trader explique que Flotron lui a appris la technique du spoofing en juillet 2008, durant sa première semaine dans les bureaux d’UBS Stamford. Après la formation dispensée par Foltron, il devait ensuite prendre son poste définitif à Singapour. (…)

Source : Bloomberg (13 septembre 2017)