Or et argent : comment réagissent les particuliers ?

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Perth Mint or

Comme anticipé, les marchés financiers sont à nouveau secoués. Sur le pétrole, on connaît une volatilité sans précédent, avec des hausses ou des baisses de 25 % en 24 heures… Aujourd’hui, nous allons parler de la réaction des particuliers telle que vécue par Tom Cloud, un marchand de métaux précieux aux États-Unis.

Une demande sans précédent depuis 40 ans

Selon les propos de Cloud rapportés par Steve St Angelo de SRS Rocco Report, il n’a plus connu une telle frénésie depuis 40 ans. Même son de cloche du côté d’autres marchands qu’il a contactés. Fait intéressant à noter, 75 % des volumes d’achats concernent l’argent métal, 25 % l’or. Résultat des courses, il reste encore des pièces et des lingots d’or en stock. Par contre, tout l’argent métal disponible a trouvé preneur. Il faut désormais attendre que les stocks arrivent chez les marchands.

Du côté des grossistes, il reste encore des lingots et des pièces d’or, mais les stocks d’argent ont été ravagés. Les clients qui veulent en commander devront donc s’armer de patience.

Cette popularité de l’argent s’explique probablement par le ratio or/argent qui a atteint des sommets historiques, et qui rend donc le métal gris plus abordable. C’est pourtant relatif vu que les primes sur le cours spot ont explosé (chez Cloud, elles s’élèvent de 2,75 à 6,85 dollars par once). À titre d’exemple, la prime sur l’argent « junk » n’était encore que de 20 centimes il y a 3 semaines, alors qu’elle est à 6,85 dollars aujourd’hui.

Beaucoup de nouveaux acheteurs

Toujours selon Tom Cloud, son entreprise a servi de nombreux nouveaux clients. Il s’agit de gens qui achètent pour la première fois des métaux précieux. Probablement parce qu’ils en ont entendu parler dans leur famille ou dans leurs cercles d’amis. Vu les risques qui planent sur l’économie et le système financier, ces gens auraient enfin décidé de franchir le pas en achetant de l’or ou de l’argent physique.

Des mesures accommodantes sans précédent

Les banques centrales du monde prennent des mesures sans précédent. S’il y a un air de déjà vu avec 2008, la situation est quelque peu différente aujourd’hui. À l’époque, il s’agissait de sauver le système financier et d’éviter l’effondrement économique qui s’en serait suivi. La catastrophe put être évitée, et les stimulations servirent à relancer l’économie. Aujourd’hui, toutes ces actions prises ont pour objectif d’éviter une dépression génératrice d’un risque systémique.

En bref, c’est l’économie réelle qui a été touchée. Les marchés ont bien entendu anticipé des dégâts en corrigeant. D’où l’explosion des bulles. Si on évite la dépression pour obtenir une simple récession, ce sera à coup de centaines de milliards de monnaie créées. De dettes qui s’accumulent toujours plus.

Rien ne dit que l’histoire va se répéter. Mais en 2008, après la baisse technique de l’or au début de la crise financière qui l’a poussé à environ 600 $, le métal jaune a ensuite grimpé jusqu’à plus de 1 900 $.