Or : malgré la baisse, il reste l’un des actifs les plus performants du marché

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lingots d'or pur

Comme l’immense majorité des classes d’actifs, l’or est affecté par les conditions économiques et financières sans précédent qui se développent de par le monde.

La récente volatilité du cours de l’or a été alimentée par des liquidations massives parmi toutes les classes d’actifs. Elles ont probablement été amplifiées par des positions à effet de levier et des appels de marge, a écrit jeudi dernier le World Gold Council dans son dernier rapport.

Le WGC affirme que le métal précieux a probablement été utilisé pour récupérer des liquidités afin de couvrir les pertes enregistrées sur d’autres classes d’actifs. L’or reste l’un des actifs les plus performants depuis le début de l’année, malgré ses fluctuations récentes. Il s’agit également d’un actif de qualité très liquide, selon le WGC, qui a représenté des volumes d’échanges quotidiens de plus de 260 milliards durant le mois de mars.

Toujours selon le Council, les ventes semblent concentrées sur les produits dérivés et OTC. Si les ETF or ont vendu des métaux durant ces derniers jours, les flux restent positifs depuis le début de l’année. Les ETF or de, par le monde, ont connu des afflux nets de 3,6 milliards de dollars en mars, de 11,5 milliards depuis le début de l’année selon les chiffres du WGC.

À l’avenir, le WGC pense que la décélération de la croissance aura « indubitablement des effets sur la demande des consommateurs ». La volatilité de l’or devrait rester importante. Cependant, la résurgence du risque et les taux négatifs réels généralisés, ainsi que les assouplissements quantitatifs, supporteront la demande d’or d’investissement en tant que valeur refuge.

L’époque des incertitudes

Pour expliquer la baisse de l’or conjointe de celle des actions, le WGC en réfère aux liquidations massives qui ont affecté virtuellement toutes les classes d’actifs. Même les obligations américaines à longue échéance, malgré une seconde baisse d’urgence du taux directeur américain, n’ont pas été épargnées.

De plus, en raison de sa liquidité, l’or a pu être utilisé afin de récupérer du cash, vu qu’il était l’un des seuls actifs à offrir un rendement positif depuis le début de l’année. (…)

Il existe des précédents historiques. Au début de la crise financière de 2008, l’or avait également reculé pour ensuite être l’un des rares actifs en hausse à la fin de l’année.

Depuis le 1er janvier 2020, la performance de l’or reste positive en de nombreuses devises, notamment en euros, en livres sterling et en roupies indiennes. Dans d’autres devises, dont le dollar et le yen, elle va de neutre à légèrement négative.

Quid des évolutions futures de l’or ?

Depuis le début de l’année, plus de 30 banques centrales ont baissé leurs taux. Elles sont également nombreuses à avoir pris des mesures quantitatives additionnelles.

De plus, les gouvernements du monde entier promettent des trillions de dollars en mesure de soutien à leur économie et à leurs citoyens. L’explosion des déficits, les taux négatifs et la dévaluation des monnaies présentent des défis structurels aux gestionnaires, aux caisses de retraite et aux épargnants.

La stabilisation des marchés financiers prendra du temps, selon le Council. Dans ce contexte de volatilité élevée, l’or pourrait être à nouveau impacté. Mais les conséquences à long terme de ce que nous vivons, en combinaison avec le niveau de risque élevé et le coût d’opportunité plus bas de l’or, signifient que la demande pour l’or devrait être soutenue.

« Nous pensons également que les banques centrales vont rester des acheteuses nettes d’or, même si on devrait assister à une baisse des volumes par rapport à ces 2 dernières années », a écrit le WGC.

« D’un autre côté, la demande des consommateurs pourrait baisser de façon significative. » En Chine, on s’attend à une baisse de 40 % de la demande pour les bijoux durant les 2 premiers mois de l’année.

Cela dit, d’un point de vue historique, la demande d’or d’investissement a tendance à compenser la baisse de la demande des consommateurs, conclut le WGC.

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