Or et argent : les manipulations du cours sont de moins en moins efficaces, selon James Turk

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lingotins d'or

La dernière fois que nous nous sommes entretenus, l’or était à 1 278 $ et l’argent à 17,06 $. Aujourd’hui, ces métaux précieux ont respectivement clôturé à 1 279 $ et 17,07 $. Si les cours n’ont quasiment pas changé, beaucoup de choses se sont passées sous la surface. Nous voyons les marchés forcer la main des planificateurs centraux et non l’inverse. C’est une bonne nouvelle pour l’or et l’argent.

Ces 2 métaux précieux ont fortement consolidé leur base. Le décollage est désormais imminent. Durant notre dernier entretien, je n’étais pas prêt à me hasarder dans une prévision datée, car il est impossible de savoir quand la phase de consolidation se terminera. Cela reste vrai aujourd’hui. Mais regardez plutôt le graphique ci-dessous du cours spot de l’argent à Londres :

graphique argent metal baseSi l’or et l’argent sont plus ou moins dans la même position, j’ai décidé de montrer le graphique de l’argent car la situation est encore plus claire. Même si les 2 métaux sont en backwardation (déport) à Londres, celle-ci est beaucoup plus marquée pour l’argent métal. Cela signifie donc qu’il a un potentiel haussier supérieur. On devrait donc assister à un resserrement du ratio or/argent alors que ce dernier surperforme le métal jaune.

Le graphique ci-dessus faire ressortir clairement une configuration de type tête et épaules, dont nous avons déjà parlé, ce qui signifie que l’argent semble être prêt à partir à la hausse. Les 3 lignes qui partent vers le bas montrent les tentatives d’entraver la hausse du métal, ce qu’il fait alors qu’il évolue petit à petit vers la pointe du large triangle.

Les banques de lingots tentent de déclencher les sell stops

Observez maintenant le cadre rouge, à droite du graphique. C’est l’objectif des manipulateurs à la baisse. Leur eldorado. Pourquoi ? Parce qu’il y a des tas d’ordres de vente automatiques (« sell stop », un niveau auquel une position est vendue automatiquement, soit le seuil auquel un investisseur décide de vendre car il ne souhaite pas risquer d’encaisser davantage de pertes) à ce niveau. Cela fait donc des semaines qu’ils essayent de faire baisser l’argent métal jusqu’à cette zone en créant une vague de ventes qui pourrait déclencher ces ordres automatiques. Cela fait des années qu’ils jouent à ce petit jeu. Si cela arrive, ils pourront couvrir leurs positions short. (…)

Un autre facteur important est l’explosion des transactions EFP (échanges de contrats à terme contre des parts d’ETF), en particulier pour l’or. Des cours stables de l’or et de l’argent dans un contexte d’augmentation du nombre de positions ouvertes seraient une preuve flagrante de manipulation. Les planificateurs centraux transfèrent donc frénétiquement leurs positions short vers le marché OTC de Londres afin d’éviter l’augmentation des positions ouvertes au COMEX. Mais toutes ces ventes n’ont pas eu beaucoup d’impact. Malgré toutes les tentatives, c’est l’échec. Ce constat est aussi valable pour l’or.

Ces actions des planificateurs centraux attirent même l’attention des médias traditionnels. Par exemple, il y a quelques jours, Bloomberg a publié un article intitulé « Un étrange ordre de vente de 4 millions d’onces d’or fait chuter le prix ». Mais la baisse fut limitée à 1,1 % (…)

Vu ce que l’on a connu durant ces dernières années, une « chute » de 1,1 % est rassurante, et lance un message important : même lorsque 40 000 contrats du Comex sont balancés en l’espace de 10 minutes, les dégâts sont minimes. Cela montre bien que les planificateurs centraux font désormais face à une force immuable. Et nous savons ce qui alimente cette force : c’est la dévaluation des monnaies via la création monétaire, les QE et autres manigances qui ne font pas qu’exploser le prix des œuvres de de Vinci, mais qui prennent également la direction de l’or et de l’argent.

Voici où nous en sommes. Les planificateurs centraux vont-ils encore oser balancer 40 000 contrats supplémentaires pour essayer d’atteindre les sell stops avec le risque de voir une plus grande portion des acheteurs demander livraison du métal ? Où allons-nous enfin assister au décollage des métaux précieux de la base qu’ils ont constituée pour mettre un terme à cette période de sous-évaluation extrême ? Seul le temps le dira, mais je pencherais plutôt pour le second scénario vu les tensions qui règnent sur le marché physique.

Source : KWN