Or : les banques centrales restent positives

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dans un coffre de West Point

L’équipe « banques centrales » du World Gold Council, en partenariat avec Yougov, a récemment finalisé son étude 2020 concernant les réserves d’or des banques centrales (source). L’édition de cette année, qui a enregistré un bond important des réponses reçues, montre des signes forts de l’augmentation de l’importance de l’or dans la gestion des réserves des banques centrales.

20 % de celles-ci affirment envisager d’ajouter des lingots à leurs réserves cette année. Ce chiffre n’était que de 8 % pour l’étude 2019. Les résultats montrent également des modifications dans les attitudes d’investissement en faveur de l’or. Et ceci en raison de l’impact de la pandémie de coronavirus qui continue d’affecter les perspectives financières et économiques mondiales.

Il est intéressant d’insister sur plusieurs faits établis par ce sondage. Nous avons demandé à 51 banques centrales de citer les thèmes qui sont pertinents dans leur processus décisionnel d’investissement. L’immense majorité, soit 88 % d’entre elles ont cité les taux d’intérêt négatifs comme étant pertinents. Cette opinion sera probablement renforcée durant l’ère post-Covid-19 alors que la poursuite de l’expansion monétaire maintiendra les taux à des niveaux bas ou négatifs dans un futur proche. Soit un contexte qui augmente l’attrait de l’or (coût d’opportunité) par rapport aux actifs à revenu fixe.

Nous avons également demandé aux banquiers centraux de classer par ordre d’importance les facteurs qui les poussent à posséder des réserves en or. Comme dans l’étude de l’année dernière, les facteurs « positions historiques » et « réserve de valeur sur le long terme » furent les 2 éléments les plus cités. Mais les points communs s’arrêtent là. La « performance de l’or en temps de crise » est devenue le 3e facteur le plus pertinent (79 %), alors qu’il n’était qu’en 5e position en 2019 (59 %). Similairement, d’autres facteurs liés aux investissements tels qu’« absence de risque de défaut », « actif de diversification efficace » et « actif hautement liquide » ont également gagné en poids cette année. La pandémie de coronavirus a peut-être modifié les raisonnements afin de plus prendre en compte la gestion du risque et le besoin de diversifier son portefeuille. Cela expliquerait pourquoi ces facteurs ont gagné en importance.

La même question illustre également la dichotomie des opinions sur l’or entre les banques centrales des économies matures et des pays émergents. Ces derniers ont presque noté tous ces facteurs comme étant plus pertinents que leurs collègues occidentaux. Cela met en exergue la différence de philosophie entre les pays émergents et développés en ce qui concerne la gestion des réserves. Cela explique probablement pourquoi les banques centrales des émergents ont été le moteur des achats d’or du secteur officiel durant la dernière décennie.

Pour finir, nous avons demandé aux banquiers centraux de partager leurs prévisions quant aux évolutions de leurs réserves d’or cette année, ainsi que des réserves d’or des banques centrales en général. L’opinion du consensus est significativement plus positive que celle de l’année dernière. 75 % des banques centrales interrogées estiment que les stocks d’or vont augmenter en 2020, contre 54 % l’année dernière. Aucun sondé n’anticipe une baisse des stocks d’or des banques centrales à l’échelle mondiale. De plus, 20 % des banques centrales ont affirmé vouloir augmenter leurs réserves d’or cette année, alors qu’elles n’étaient que 8 % l’année dernière à afficher cette velléité.