Pourquoi les élites sont en train de gagner la guerre contre le cash

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Visa a récemment dévoilé le détail de son offensive maison sur le front de la guerre contre l’argent liquide : Visa offre 10 000 $ à certains commerces s’ils refusent les paiements en liquide.

Sans surprise, les concurrents de Visa y participent aussi. MasterCard redouble également d’efforts pour encourager les commerçants à refuser les paiements en cash.

Ces efforts privés de Visa et de MasterCard s’ajoutent aux initiatives officielles visant à éliminer et à décourager l’utilisation du liquide des gouvernements d’Inde, d’Australie, de Suède ainsi que des États-Unis.

Ces efforts sont justifiés par de belles intentions : les entreprises privées évoquent la praticité et la baisse des coûts. Les gouvernements parlent de combattre le terrorisme, les criminels et l’évasion fiscale.

Les gouvernements utilisent toujours les excuses du blanchiment d’argent, du trafic de drogue et du terrorisme afin d’entraver les libertés des honnêtes citoyens et de les empêcher d’utiliser des monnaies alternatives comme l’argent liquide et l’or.

Ne vous y trompez pas, la soi-disant société sans cash est juste le cheval de Troie d’un système dans lequel la richesse financière est électronique et est concentrée parmi quelques mégas banques.

Lorsque le but sera atteint, il sera facile pour l’État de saisir et de geler la richesse. L’argent sera sous surveillance constante, il pourra être saisi automatiquement par la fiscalité ou d’autres formes de confiscation électronique.

La guerre contre l’argent liquide a lieu sur 2 fronts majeurs :

  • Le premier consiste à compliquer l’obtention de cash. Aux États-Unis, les banques signalent au Trésor tout individu qui retire plus de 3 000 $ en liquide pour « activité suspecte » à l’aide du formulaire Suspicious Activity Report prévue à cet effet.
  • Le second consiste à supprimer les plus grosses coupures. Le billet de 500 $ a été supprimé dès 1969, alors que depuis le billet de 100 $ a perdu 85 % de sa valeur. Encore un peu d’inflation et le billet de 100 $ ne vaudra plus grand-chose.

L’année dernière, la BCE a annoncé qu’elle arrêtait la production du billet de 500 €. Les coupures existantes ont toujours cours légal, mais plus aucun billet ne sera imprimé.

Cela signifie qu’avec le temps, il y aura pénurie de ces billets de 500 €. Si bien qu’ils pourraient même être rachetés au-dessus de leur valeur, par exemple 502 € en petites coupures. Cette prime de 2 € est comme un taux négatif sur l’argent liquide.

Ce sont les honnêtes citoyens qui payeront les conséquences de la guerre contre l’argent liquide, car ce sont eux qui seront vulnérables à la confiscation de la richesse par les taux négatifs, le gel des avoirs bancaires et les limitations de retrait ou de transfert d’argent.

Le but ultime de la guerre contre le cash est de forcer les citoyens à mettre tout leur argent sur des comptes électroniques. Après quoi, il pourra être confisqué à l’envi via les taux négatifs. Alors que la solution serait de posséder de l’argent liquide. (…)

La bonne nouvelle est que l’argent liquide reste une méthode de paiement dominante dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis. Cependant, les paiements électroniques deviennent de plus en plus courants tandis que ceux en cash diminuent. Nous finirons par atteindre un moment charnière, lorsque le cash n’aura plus d’intérêt en raison de son caractère marginal et des frais, notamment logistiques, qui découlent ainsi de son utilisation. (…)

Lorsque nous aurons atteint ce moment, il sera quasi impossible de faire marche arrière. C’est pourquoi je dis toujours que les épargnants et les citoyens ayant une vision à long terme devraient convertir une partie de leur patrimoine en or physique tant que les prix sont encore attractifs et que c’est encore possible.

Vu les conséquences néfastes, on s’attendrait à ce que les citoyens réagissent. Mais dans certains pays, c’est tout le contraire. Une enquête récente a montré que plus d’un tiers des Américains (38 %) et des Européens (34 %) ne voient aucune objection à l’élimination de l’argent liquide pour passer à des transactions uniquement électroniques. (…)

Les Allemands sont les plus résistants à ce changement. En Allemagne, plus de 80 % des transactions ont lieu en liquide, nombreux sont les Allemands qui n’utilisent jamais de carte de crédit. C’est probablement dû à l’épisode d’hyperinflation que le pays a connu durant la république de Weimar. (…) D’autres pays, comme la Roumanie et la Bulgarie, qui ont également connu des crises financières et monétaires, ont également tendance à beaucoup recourir à l’argent liquide. (…)

Bien sûr, payer par carte est très pratique. On peut également comprendre qu’il est facile de privilégier ce moyen de paiement, par paresse. Mais lorsque la prochaine crise financière se déclarera, ceux qui ne disposeront pas d’actifs tangibles seront à la merci des banques et des gouvernements qui décideront exactement combien elles vous ponctionneront ou vous autoriseront à dépenser chaque jour.

Demandez aux Grecs, aux Chypriotes et aux Indiens ce qu’ils en pensent. Cela arrivera également aux États-Unis. (…) C’est pourquoi je pense que c’est plutôt une bonne idée de garder une partie de votre argent en liquide (tant que c’est possible) ainsi qu’en pièces d’or et d’argent qui pourront servir de moyen d’échange dans tous les pays du monde. (…)

Traduction d’extraits de l’article de Jim Rickards publié le 16 août 2017 sur DailyReckoning.com