Pourquoi l’or et les cryptodevises sont complémentaires

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Bitcoin

Avoir en haute estime l’or ne signifie pas que l’on doit s’opposer viscéralement aux cryptodevises, et vice et versa d’ailleurs. Dans cet article, nous allons tenter de vous démontrer pourquoi l’or et les cryptos sont complémentaires.

La « bulle » Bitcoin

Nous avons déjà couvert le sujet de la bulle Bitcoin, en expliquant que nous en sommes probablement encore loin en raison des facteurs suivants :

  • Taux d’adoption encore faible ;
  • Croissance des investisseurs/spéculateurs présents sur ce marché ;
  • Implication encore très faible du secteur financier sur ce marché ;
  • Une résilience qui augmente avec le temps qui passe.

Les commentateurs européens et américains, ou plus précisément français en l’occurrence, abordent l’univers des cryptodevises de leur propre point de vue culturel. Mais si vous avez voyagé en Asie, par exemple, vous savez à quel point les Orientaux sont passionnés par la technologie, bien plus que nous. En Orient, on parle aussi de bulles mais c’est surtout l’enthousiasme qui prédomine.

Les cryptodevises, c’est bien plus que BTC

Se focaliser sur Bitcoin, qui n’est manifestement pas en mesure de tenir ses promesses en termes de rapidité et de frais de transaction bas, est également une erreur. Il existe plus de 1000 cryptodevises alternatives : la majorité d’entre elles n’ont aucune valeur (ajoutée), mais parmi celles-ci se trouvent des « tokens » qui permettent d’offrir des solutions à des problématiques concrètes. Notamment :

  • IOTA : cryptodevise sans frais de transaction, sans mining, capable de gérer environ 500 transactions par seconde et qui vise le marché de l’Internet des objets. Bosch, Volkswagen et Fujitsu, pour citer quelques sociétés connues, sont devenus des partenaires de IOTA ;
  • Ripple : cette cryptodevise offre une solution similaire à Western Union ou PayPal en faisant baisser fortement les coûts ;
  • Litecoin : comme son nom l’indique, une alternative « light » à Bitcoin, plus réaliste comme solution de paiement.

C’est un fait, de plus en plus de sociétés très sérieuses voient les avantages que peuvent procurer cette nouvelle technologie, encore naissante certes, mais très prometteuse. Il s’agit d’un investissement spéculatif, mais qui n’est pas plus bête que l’achat d’obligations corporate pourries ou d’obligations d’État sur 100 ans… Un pari à faire avec une extrême modération, en prenant le soin d’étudier chaque projet et les équipes qui les portent. Tout en prenant une assurance : de l’or.

Bitcoin est né au lendemain de la crise financière, pour proposer une devise qui ne puisse être sous le contrôle d’un gouvernement ou d’une banque centrale (dévaluation). Pour endosser en quelque sorte le rôle de l’or, mais de façon électronique. Si un beau jour cela devait mal tourner pour les cryptodevises, un scénario qu’il serait imprudent de ne pas considérer sérieusement, l’or devrait en bénéficier : tous ces jeunes ou moins jeunes dont les consciences monétaires ont été éveillées par Bitcoin et compagnie auront désormais entendu parler du métal jaune. Certains le moquent actuellement au vu des profits insolents des cryptodevises. Mais en cas de revers de fortune, les métaux précieux devraient en profiter.

Pour les gens plus responsables qui sont en mesure de mesurer les risques, acheter de l’or en tant que « hedge » de leurs investissements dans les cryptos est une décision logique. C’est pourquoi l’or et les cryptodevises sont loin d’être incompatibles.

Les risques des cryptodevises

Les sites Internet les plus sages qui couvrent les cryptodevises l’écrivent noir sur blanc : n’investissez pas plus dans les cryptodevises que vous pouvez vous permettre de perdre. La volatilité y bat des records, de nombreuses plates-formes d’échange sont douteuses, pour ne pas dire plus. Il s’agit d’un véritable far-west où les gros acteurs manipulent sans vergogne les prix et où le spoofing fait partie des mœurs. Oubliez le trading sur marge si vous ne voulez pas vous faire massacrer. N’essayez pas de jouer au « day trader », au moins pas avant une longue phase d’observation.

À côté de ces risques, il y a également le risque régulateur. Pour l’instant, les autorités laissent faire vu que la valeur de marché des cryptodevises reste infime par rapport à la taille du système financier mondial et que la plupart des gens qui sont exposés sont des particuliers. Yellen l’a d’ailleurs confirmé ce mercredi, en déclarant durant sa dernière conférence de presse (source) : « En ce moment, Bitcoin joue un rôle infime dans le système de paiement, il ne s’agit pas d’une réserve de valeur stable et il n’a pas cours légal. Il s’agit d’un actif hautement spéculatif, la FED ne joue aucun rôle de régulation en ce qui concerne Bitcoin si ce n’est la surveillance des établissements bancaires, afin de nous assurer qu’elles gèrent de façon adéquate leur participation à ce marché. »

Elle a également dit : « En ce qui concerne Bitcoin, les risques d’instabilité financière qui en découle sont limités. Il ne s’agit pas d’une menace importante pour nos institutions financières. Il y a sans aucun doute des particuliers qui pourraient perdre beaucoup d’argent si le prix de Bitcoin devait s’effondrer, mais cela ne devrait pas impacter la stabilité financière. »

Prévoyez une stratégie de sortie…

Nous allons finir par un vrai conseil concret, les paragraphes ci-dessus n’étant que des invitations à la réflexion : si vous comptez investir dans les cryptos, prévoyez de prendre aussi vite que possible des bénéfices pour récupérer au moins votre mise de départ. Prenez ensuite des bénéfices petit à petit (en cas de panique, vous pourriez voir tout s’envoler en fumée), pour pourquoi pas les réinvestir dans l’or.