Warren Buffet avait tort

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lingots d'or pur

L’or fait mieux que les entreprises US depuis le début du XXIème siècle : mais dans quel monde vit-on ?

C’est tout frais : les entreprises américaines sont sur le point d’annoncer encore plus de mauvaises nouvelles.

Le Financial Times nous en dit plus :

 « Les analystes de Wall Street se préparent à un troisième trimestre consécutif de chute des revenus, la plus longue série en plus de trois ans ; ce sont les secteurs de la technologie et de l’énergie qui devraient être le plus durement atteints.  

[…] On s’attend à ce que les entreprises du S&P 500 annoncent une chute de 4,1% environ des bénéfices par action, selon FactSet […]. Cela fait suite à un déclin de 0,4% au deuxième trimestre, et une glissade de 0,3% au premier trimestre. » 

Le monde est bizarre

Selon Warren Buffett, on n’a jamais raison de parier contre les entreprises américaines. Mais devinez quoi ? Pour l’instant, depuis le début du siècle, ce pari s’est révélé gagnant. Charlie Bilello, ancien analyste de hedge fund, tweete ceci :

« Rendement total sur les 20 dernières années…  
Actions internationales : +110%
Actions US (S&P 500) : +221%
Obligations US de long terme : +329%
Or : +365% »

Dans quel genre d’économie est-ce que l’or – qui ne produit rien, n’invente rien, ne vend rien, ne publie pas de rapports, ne fait ni ventes ni profits, ne verse pas de dividendes, n’a pas de PDG, de personnel, de bureaux, de parking, de machine à café, de cabinet de relations publiques et personne à qui mentir sur les chiffres – fait mieux que les diplômés d’écoles de commerce, les capitalistes et les grands sages à la tête des principales entreprises ?

Le monde est bizarre, direz-vous.

Mais quand nous avons commencé notre série de suppositions sur l’avenir… il ne semblait pas bizarre du tout.

Nous avons plutôt vu les visages familiers, désespérés et hagards de l’inflation, puis de l’insurrection – un peu comme la tournée des principales économies en faillite… commençant en Grèce… puis en Argentine… et au Venezuela.

Et si nous avons raison, vous aussi ferez cette croisière – sans jamais sortir de chez vous et que vous le vouliez ou non.

Le bar est ouvert

Partout dans le monde, les autorités penchent pour plus d’inflation et plus de dette, sans même attendre qu’une crise déflationniste l’exige. Oui, le bar est ouvert !…

Nous ne suivons pas particulièrement les nouvelles de Suède, par exemple, mais ce pays semble être un vrai rabat-joie. Bloomberg :

« La Suède doit jeter par la fenêtre son régime d’excédents budgétaires et ‘emprunter comme une folle’ pour apaiser la douleur du ralentissement économique et empêcher les bouleversements politiques.  

Tel est le point de vue de l’un des gestionnaires de fonds les plus influents de Suède, Simon Blecher, ancien éditorialiste de presse qui gère désormais des titres et obligations chez Carnegie Fonder, avec quelque 70 milliards de couronnes [environ 6,4 Mds€] d’actifs sous gestion. »

Aux Etats-Unis, les autorités empruntent déjà comme des folles, les dépenses augmentant deux fois plus vite que sous Obama… tandis que la dette continue de s’empiler, à 1 000 Mds$ par an.

Pendant ce temps, la Réserve fédérale s’est lancée dans un programme d’assouplissement quantitatif masqué, dans le cadre duquel elle achète 60 Mds$ de T-Bills par mois. Elle injecte également de l’argent dans le marché au jour le jour.

Au rythme actuel, d’ici la fin de l’année, elle aura gonflé l’économie de 1 000 Mds$ supplémentaires.

Et voici ce canaillou de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor US, dans le Financial Times. Il affirme que « de nouveaux raisonnements et de nouvelles politiques » sont nécessaires… puis propose les mêmes vieilles sottises :

 « La dette gouvernementale ou le soutien du gouvernement à la dette privée est nécessaire pour absorber les flux d’épargne. Avec des taux réels proches de zéro, voire négatifs, le coût du service de la dette est très bas, et des taux bas peuvent être verrouillés pendant des décennies. Cela signifie que les niveaux de dette qui étaient prudents lorsque les taux étaient à 5% ne s’appliquent plus dans le monde à taux zéro d’aujourd’hui. Les gouvernements enregistrant des excédents chroniques ne font pas leur part pour soutenir l’économie mondiale… » 

Vieille escroquerie

Holà… Larry, vous allez trop vite.

Les taux d’épargne n’ont-ils pas baissé pour atteindre les niveaux les plus bas de l’Histoire – partout dans le monde ? Alors cette « épargne » dont vous parlez… ne s’agit-il pas plutôt de la fausse monnaie émise par les banques centrales ?

Et si on « verrouille » des tonnes de dettes pendant des décennies, est-ce qu’on ne se retrouvera pas avec ces mêmes dettes lorsque l’économie s’effondrera – si bien qu’on ne pourra pas les rembourser ?

Et les gouvernements qui enregistrent des déficits ne doivent-ils pas obtenir l’argent de quelque part – auprès de leurs propres citoyens, par exemple, qui avaient peut-être leurs propres plans pour cet argent ?

Et les gouvernements qui enregistrent des gains ne sont-ils pas mieux équipés pour résister à une crise ?

Et… Larry… toute cette étrange économie n’est-elle pas rien d’autre qu’une escroquerie ? On emprunte trop… suite à quoi il faut emprunter plus encore pour tenir le rythme – jusqu’à faire faillite.

Et il n’y a pas vraiment besoin de « nouveaux raisonnements », si ?

Ce qu’il faut, c’est plutôt des raisonnements à l’ancienne – ainsi qu’une monnaie honnête, des budgets équilibrés, et des responsables politiques avec assez de dignité et d’intégrité pour respecter les anciennes règles.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Bill Bonner, via les publications Agora. Bill Bonner est président et Directeur de Agora Inc, l’une des plus grandes sociétés de bulletins d’informations financières qu’il a fondée en 1979. Il est le créateur de la Chronique Agora, une lettre d’information financière envoyée via e-mail, où s’exprime également Philippe Béchade. Bill Bonner est un observateur non-conformiste du monde financier et politique. Son esprit acerbe et aiguisé, s’oriente en particulier contre les caprices des investisseurs.