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Russie

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bunker datant de la guerre froide

Après le candidat à la présidentielle qui avait promis de « drainer le marécage », puis qui nomme des créatures de ces mêmes marécages, et que l’on annonçait comme un isolationniste qui allait permettre de détendre les tensions géopolitiques grandissantes à travers la planète, les relations bilatérales américaines avec la Russie mais surtout la Chine se détériorent alors que Donald Trump n’a même pas encore pris ses quartiers à la Maison Blanche.

Si nous préférons encore attendre les actes, ceux-ci étant plus importants que les paroles, la présidence de Trump s’annonce être une arnaque de la même ampleur que celle d’Obama. D’un point de vue français ou européen pour la paix et le multilatéralisme, le milliardaire américain semblait être un meilleur choix que la va-t-en-guerre Clinton. Mais au vu des déclarations du futur secrétaire d’État Rex Tillerson, qui a déclaré ceci durant son audition, il est légitime d’en douter :

« Nous allons devoir envoyer un signal fort à la Chine. Tout d’abord, la construction des îles artificielles doit s’arrêter, ensuite l’accès aux îles existantes ne sera pas permis. »

Malcolm Davis, analyste senior à l’Australian Strategic Policy Institute de Canberra, a déclaré à Bloomberg : « Il s’agit d’une remarque débridée tel un tweet, qui met de l’huile sur le feu et pourrait faire dégénérer les choses. À part déclarer la guerre à la Chine, les Américains ne peuvent rien y faire. » Pour rappel, les Chinois avaient déjà bondi lorsque Trump a déclaré qu’il fallait remettre en question le principe même d’une seule Chine.

La Russie en prend également pour son grade via le Général Mattis

Hier, c’était au tour du Général Mattis, choisi par la colombe Trump pour prendre la tête de la Défense, de s’attaquer cette fois à la Russie en déclarant « qu’elle est la menace principale pour la sécurité américaine ». Un néoconservateur n’aurait pas fait mieux. La Russie est plus dangereuse que les groupes terroristes qui sèment la mort à travers le monde, selon « Mad Dog », qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. Il a également épinglé la Chine pour son action en Mer de Chine du Sud. Trump devrait rencontrer Poutine en Islande prochainement… pour clarifier notamment ces déclarations ?

L’administration Trump est-elle en train de créer un nouvel « axe du mal » ? Cela y ressemble. Car nous voyons mal comment ces deux figures majeures de la future équipe de Trump pourraient se fendre de telles déclarations pour plaire à leur auditoire (il s’agit d’auditions préliminaires à leur nomination officielle) et ensuite faire marche arrière. Ces tensions géopolitiques devraient se multiplier tout au long de 2017 et profiter aux métaux précieux au gré des tweets de Trump et des déclarations fracassantes de son équipe.

Sources : ZeroHedge ici et ici

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Demande d'or des banques centrales

Ce jeudi, l’or a tenté de repasser au-dessus des 1300$ l’once, sur fond de nervosité concernant le résultat de l’élection présidentielle américaine et dans l’attente de la publication des chiffres de l’emploi américain de vendredi, qui pourraient déterminer le calendrier du relèvement des taux de la première économie mondiale.

Depuis le début de l’année, l’or a grimpé de plus de 20%, principalement grâce aux investisseurs dans les ETF or, en recherche de sécurité, et aux achats continus de métal jaune effectués par les banques centrales.

Depuis le début de l’année et jusqu’à septembre, ce secteur a ajouté 52 tonnes d’or à ses coffres, contre 150 tonnes durant la même période l’année dernière, d’après les dernières statistiques du World Gold Council (qui ne prennent pas en compte les achats de 604 tonnes d’or de la Chine, qui ont probablement été ventilés sur plusieurs années antérieures). La Russie reste un acheteur solide, mais les ventes du Venezuela ont impacté de façon négative les achats nets.

Une nouvelle note de recherche de l’analyste Simona Gambarini, de Capital Economics, affirme que si les achats d’or des banques centrales ont ralenti de façon significative en 2016, « les arguments en faveur de l’or en tant qu’actif de réserve restent forts », particulièrement en raison du fait qu’un tiers de la dette mondiale des gouvernements offre des rendements négatifs :

« Nous nous attendons particulièrement à ce que les banques centrales des économies en voie de développement soient la source de la demande future du secteur officiel, étant donné que ces entités possèdent moins d’or, en pourcentage de leur réserve totale, que les banques centrales des pays développés. »

La plupart des pays en voie de développement possèdent moins de 10% de leurs réserves en or, contre 60% ou plus dans les pays développés, ceci étant du en partie à l’héritage du standard or. Mais même la BCE, qui fut créée bien après la fin du standard or, possède environ 25% de ses réserves en métal jaune.

Les réserves d’or officielles de la Chine s’élèvent à 1838 tonnes, ce qui correspond à seulement 2,4% de leurs réserves en devises. À titre de comparaison, les États-Unis possèdent 75% de leurs réserves en or (plus de 8000 tonnes).

Traduction de l’article de Mining.com du 3 novembre 2016.

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lingot et pièces d'or

Article de Nikkei.com, publié le 12 juillet 2016 :

« Les banques centrales poursuivent leurs acquisitions d’or, la Chine et la Russie en tête afin de réduire leur dépendance au dollar et à l’euro ainsi que pour maintenir la confiance dans leur devise domestique.

Les banques centrales du monde ont augmenté leurs réserves d’or de 2,7 % par rapport à l’année précédente pour posséder un total d’environ 32.800 tonnes, d’après le rapport du World Gold Council publié la semaine dernière. En 2015, elles ont acheté en net 483 tonnes, plaçant cette année sur la seconde marche du podium des achats annuels les plus conséquents depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971. D’après Thomson Reuters GFMS, cela fait 6 années d’affilée que les banques centrales sont, globalement, à l’achat.

Augmentation des réserves d’or (officielles) de la Chine de 70 %

Durant les 12 derniers mois, la Chine a augmenté ses réserves d’or de 70 %, un chiffre impressionnant, pour porter ses réserves à environ 1800 tonnes, ce qui place la Chine en 5e position des pays qui possèdent le plus d’or. (…) La rivalité politique entre Pékin et Washington a également contribué à pousser la Chine vers l’or. (…)

Augmentation des réserves d’or de la Russie de 18 %

La Russie a également dopé ses réserves d’or, de 18 % durant les 12 derniers mois, pour un total d’environ 1480 tonnes. La baisse du cours du pétrole a porté un coup dur à l’économie russe, ce qui a fait baisser le rouble. La Russie a décidé d’acheter davantage d’or en lieu et place du dollar ou de l’euro sur fond de sanctions occidentales en raison de la crise ukrainienne. (…)

Certaines banques centrales ont vendu une partie de leur or. Notamment le Venezuela, qui s’est débarrassé de 43 % de ses réserves, étranglé par la chute des cours du brut et obligé ainsi de se séparer de ses réserves pour rembourser sa dette. Mais le Venezuela fait partie des exceptions. Les pays développés, dont le Japon, n’ont pas touché à leurs réserves d’or.

Les pays émergents ont commencé à acquérir de l’or à la fin des années 2000, lorsque la crise financière de 2008 et la crise de la dette européenne ont entamé la crédibilité du dollar et de l’euro. (…) »

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pays émergents

Article de RT.com, publié le 19 avril 2016 :

« La Banque centrale de Russie et la Banque centrale de Chine souhaitent créer une plate-forme commune pour unifier les échanges d’or entre les 2 plus gros acheteurs de métal jaune du monde.

« Les pays des BRICS disposent d’économies de taille. Ils possèdent d’importantes réserves d’or ainsi que des volumes impressionnants en termes de production et de consommation de ce métal précieux. En Chine, l’or s’échange à Shanghai tandis qu’en Russie ces échanges ont eu à Moscou. Notre idée est de créer un lien entre ces 2 villes afin d’augmenter les échanges entre ces 2 marchés, » a déclaré Sergey Shvetsov, premier sous-gouverneur de la banque centrale de Russie durant un entretien avec TASS.

La Chine est le plus gros producteur mondial d’or. L’année dernière, l’empire du Milieu en a produit 490 t. La Russie est en 3e position de ce classement, après l’Australie, avec une production d’environ 295 t en 2015. Au total, ces 2 pays représentent 25 % de la production mondiale du métal jaune.

Simultanément, les banques centrales de Russie et de Chine sont les 2 plus grands acheteurs mondiaux d’or. Depuis la fin 2008, les réserves d’or de la Chine ont presque triplé, passant de 600 à 1762 tonnes.

La banque centrale de Russie a acheté 356.000 onces d’or en février, devenant ainsi le plus gros acheteur de métal précieux parmi les banques centrales, d’après le journal financier Vedomosti qui s’est appuyé sur les données du FMI. La Russie possède en ce moment 1415 t d’or.

Au classement des nations qui possèdent le plus d’or, la Chine occupe la 5e position tandis que la Russie est 6e derrière les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie et la France. »

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Article de Zero Hedge, publié le 21 février 2016 :

« Il semblerait que petit à petit, et désormais de plus en plus, la planète réalise qu’en définitive, Alan Greenspan avait raison : « l’or est une monnaie. Elle est toujours, sans l’ombre d’un doute, une monnaie de premier choix. Aucune devise papier, même le dollar, ne lui est supérieure. »

Comme Nick Laird le rappelle, les cours de l’or décollent tout d’abord dans les nations les plus faibles. »

En dollars, l’or est loin de son plus haut. En euro, la situation est déjà bien meilleure. Mais si on prend en compte la majorité des devises des nations du monde entier, force est de constater que l’or a atteint de nouveaux sommets. Nous n’avons pas reproduit l’intégralité des graphiques de la source originale, vous pouvez les consulter ici. Il est tout de même intéressant de noter que l’or atteint des records dans de grands pays comme la Russie, le Brésil, la Turquie, l’Afrique du Sud, etc.,  et qu’il n’est pas loin de son record dans des pays développés comme le Canada et l’Australie :

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pays émergents

Article de Sputniknews.com, publié le 4 février 2016 :

« Les experts condamnent le dollar à terme. La chute des cours du pétrole a accéléré la fin du dollar portant un coup fatal à un système qui a longtemps facilité le statut de monnaie de réserve du dollar.

Les économies émergentes sont en train d’abandonner le dollar en tant que moyen de paiement du pétrole dont les factures sont désormais réglées en monnaie nationale.

Le 5 janvier 2016, l’Indian Express a écrit : « Abandonnant le dollar, l’Iran et l’Inde se sont mis d’accord sur le règlement en roupies des factures de brut en souffrance en guise de préparation aux futurs échanges bilatéraux en devises nationales. L’ardoise en dollars : 6,5 milliards soit 50 % du total de la facture sera déposée sur le compte de la National Iranian Oil Co d’une banque indienne. »

Six mois plus tôt, la société publique russe Gazprom Neft avait annoncé la facturation en yuan de pétrole à la Chine. La stratégie s’est révélée efficace : la Russie est devenue l’exportateur numéro un de pétrole en Chine après avoir supplanté l’Arabie Saoudite.

« Il est intéressant de noter que l’un des facteurs du succès de la Russie en Chine est attribué à son acceptation du yuan en tant que mode de règlement pour son pétrole (et pas, contrairement à ce que certains ont affirmé, en tant que signe d’allégeance à l’amitié sino-russe) » a écrit Elena Holodny dans l’un de ses derniers articles du Business Insider.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les experts recommandent à l’Arabie Saoudite de suivre l’exemple de la Russie en remplaçant le dollar par le yuan :

« Si l’Arabie Saoudite veut récupérer sa place de numéro un, elle devra accepter le renmibi à la place du dollar » a déclaré Gordon Kwan, responsable régional à Hong Kong de la recherche pétrole et gaz de Nomura Holdings Inc. à l’occasion d’une interview de juin 2015 accordée à Bloomberg.

Quelles sont les implications pour le pétrodollar ?

« Il y a deux ans, d’abord dans le feutré puis de façon plus audible, le monde financier s’est mis à discuter d’un sujet qu’il était préférable de ne pas évoquer en bonne compagnie. Soit la fin du système qui, pour beaucoup, a encadré et facilité le statut de monnaie de réserve du dollar américain : le pétrodollar… » écrivait déjà en 2014 Zero Hedge. Il semble que ce pronostic est en train de se réaliser.

En janvier 2007, le même site financier d’avant-garde rapportait que la chute du pétrodollar est évidente et qu’elle est appuyée par la chute des cours du pétrole. Citant Goldman Sachs, Zero Hedge notait que la nouvelle donne des prix du pétrole pourrait drainer 24 milliards de dollars du système pétrodollar pour atteindre près de 900 milliards d’ici 2018. La fin de la chaîne du recyclage des pétrodollars affectera grandement le monde des affaires.

Simultanément, la Chine poursuit ses plans de Fonds de la Route de la Soie et de la banque asiatique d’investissements. (…)

Manifestement, il est temps de dire au revoir à l’ordre mondial actuel reposant sur le pétrodollar. »

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lingot et pièces d'or

Loin d’une surprise, c’est désormais devenu une ritournelle  : la Fédération de Russie continue d’acheter agressivement de l’or chaque mois qui passe. En novembre : la Russie a ajouté 22 tonnes à ses réserves d’or qui atteignent désormais 1392,813 tonnes soit 44,78 millions d’onces.

La Russie se trouve en 7e position du classement des nations possédant les réserves d’or officielles les plus importantes. Depuis le début de l’année, la Russie a augmenté ses réserves d’or de 187 tonnes. Il s’agit de la 9e augmentation mensuelle consécutive de son stock de lingots.

(source)

Article de Michael Hudson, publié le 9 décembre sur le site TheSaker.is :

« Le 8 décembre, le porte-parole en chef du FMI Gerry Rice a envoyé une note disant :

« Le conseil d’administration du FMI s’est réuni aujourd’hui et s’est mis d’accord pour changer la politique actuelle de non tolérance des arriérés de remboursement dus aux créditeurs officiels. Nous fournirons des détails sur la portée et les raisons de ce changement de politique dans les jours à venir. »

Depuis 1947 et le véritable début de ses activités, la Banque Mondiale a agi en tant que branche du Département américain de la Défense, de son premier président majeur John J. McCloy en passant par Robert McNamara et Robert Zoellick jusqu’au néo conservateur Paul Wolfowitz. Dès le départ, elle a facilité les exportations américaines principalement agricoles en poussant les pays du tiers-monde à se tourner vers une agriculture d’exportation au lieu de chercher à nourrir sa population (importations de céréales américaines) mais la banque s’est vue obliger d’enrober sa promotion des exportations américaines et son support pour la zone dollar d’une rhétorique ostensiblement internationaliste : ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour le monde.

Le FMI a été à son tour attiré dans l’orbite américaine de la Guerre Froide. Mardi, il a pris la décision radicale de démanteler la condition qui a permis l’intégration du système financier mondial durant les 50 dernières années. De par le passé, le FMI était capable de prendre le leadership de la conception de plans de sauvetage de gouvernements en s’assurant du concours d’autres nations créditrices, menées par les États-Unis, l’Allemagne et le Japon. L’arme qu’utilisait le FMI était la suivante : un pays qui devait de l’argent à une autre nation ne pouvait prétendre à l’octroi d’une aide du FMI et donc au concours d’autres gouvernements.

C’est ainsi que les choses ont fonctionné pendant un demi-siècle dans le cadre d’un système financier mondial basé sur le dollar.

Mais jeudi, le FMI a décidé de participer à la nouvelle Guerre Froide. L’organisme a prêté de l’argent à l’Ukraine malgré la règle du fonds qui l’empêche de prêter à des Nations qui n’ont aucune chance de rembourser (selon la règle de 2001 « plus jamais d’Argentine »). Lorsque Christine Lagarde a accordé un prêt à l’Ukraine durant le printemps, elle avait exprimé ses espoirs de paix mais le président Porochenko a immédiatement annoncé qu’il utiliserait cet argent pour renforcer ses capacités dans la guerre civile qui l’oppose aux populations russophones de l’Est, le Donbass. (…)

L’Ukraine a non seulement refusé de rembourser sa dette au secteur privé mais également au gouvernement russe. Cela aurait dû empêcher l’Ukraine de recevoir une nouvelle aide du FMI. Le refus de financer la belligérance militaire ukrainienne dans sa nouvelle guerre froide contre la Russie aurait été une décision majeure pour forcer la paix ainsi que faire le ménage dans la corruption endémique du pays.

Au lieu de cela le FMI a appuyé les politiques ukrainiennes, sa cleptocracie et Pravi Sektor qui a mené les attaques qui ont récemment mené à la coupure de l’électricité en Crimée. La seule condition qu’impose le FMI est une austérité prolongée. La devise de l’Ukraine, l’hryvnia, a chuté de 30 % cette année, les retraites ont été réduites (principalement par l’inflation) tandis que la corruption se poursuit sans relâche. (…)

Cela fait un peu plus de six mois qu’une discussion semi-publique a lieu entre les conseillers du Trésor américain et l’Ukraine sur la façon d’éviter le remboursement des 3 milliards de dollars dus à la Russie. On a envisagé un moment de la qualifier de « dette odieuse » mais l’idée fut abandonnée de peur d’un retour de flammes du côté des dictatures soutenues par les États-Unis. En définitive, le FMI a simplement prêté l’argent à l’Ukraine.

Ce faisant, elle a annoncé sa nouvelle politique : « seuls les remboursements d’une dette libellée en dollars et due à des alliés américains seront imposés ». Ce qui signifie que cette nouvelle guerre froide latente contre la Russie a désormais subitement débouché sur la constitution abrupte de deux camps : le bloc dollar (avec sa zone euro satellite et d’autres monnaies pro-américaines) et le bloc des BRICS et autres nations en dehors de la zone d’influence financière et militaire des États-Unis.

Que devrait faire la Russie ? Que devraient faire la Chine et les autres pays des BRICS ? Le FMI et les néoconservateurs américains ont envoyé un message au monde : vous n’êtes pas obligé d’honorer vos dettes envers des pays situés en dehors de la zone dollar et de ses satellites.

Pourquoi ces pays non dollarisés devraient-ils continuer de participer au FMI ou même à la Banque Mondiale ? Le FMI vient de facto de scinder le système mondial en deux, les BRICS d’un côté et le système financier néolibéral américano-européen de l’autre. (…)

Pour vous montrer la portée de cette décision, c’est un peu comme si la nouvelle Banque de Développement asiatique annonçait que les pays qui ont rejoint la zone rouble-yuan n’ont plus besoin de rembourser leur dette libellée en dollars ou en euros. C’est pourtant implicitement ce que risque d’entraîner la décision du FMI. »

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Alors que l’implication turque dans l’écoulement du pétrole de l’EI, et donc son financement, apparaît de plus en plus au grand jour et que la Russie a infligé des sanctions économiques à la Turquie suite à la destruction de son bombardier tactique, pour Paul Craig Roberts cet événement ne fait que consolider la Russie. C’est ce qu’il a déclaré dans sa dernière interview sur KWN :

Dr Roberts : « La situation est en train d’évoluer tellement favorablement pour la Russie que Poutine pourrait bien envoyer une lettre de remerciement au président turc disant : merci beaucoup, vous nous avez rendu un grand service. Certes, nous avons perdu un pilote et un soldat, mais nous avons gagné énormément en retour. Seulement 2 morts pour gagner une guerre.

C’est probablement le résultat que nous allons obtenir. Les conséquences involontaires de cet incident sont tellement positives pour la Russie que les États-Unis en frémissent alors que l’Europe se demande ce qu’elle fabrique dans l’OTAN.

Eric King : « Si je vous comprends bien, la Russie maîtrise la situation en Syrie. Les Russes ont pris le contrôle et Washington est impuissant. »

Dr Roberts : « Oui, tout ce qu’ils peuvent faire est se ridiculiser eux-mêmes en supportant l’EI. Nous avons implanté l’État islamique en Syrie, tout le monde le sait. Il y a quelques jours, l’ancien responsable du service de renseignements du Pentagone  a déclaré à la télévision « qu’ils ont créé l’EI et les ont utilisés pour renverser des gouvernements. »

En Europe, les sondages d’opinion montrent que le peuple est du côté de la Russie à propos de la destruction de l’avion. Il ne croit plus les bobards de l’Occident. C’est toute l’arrogance, la stupidité et l’orgueil démesuré du gouvernement américain qui s’étalent. Tout ce qu’ils font profite aux Russes.

Ce gouvernement américain est le plus incompétent de l’histoire politique du monde. Ses responsables font n’importent quoi. Contemplez leur bilan. En 14 ans ils ont détruit 7 pays, tué des millions de gens et déplacé des millions d’autres. Et où vont ces migrants ? Ils envahissent l’Europe.

Tout cela parce que les Européens ont été assez stupides pour se laisser entraîner dans nos guerres. Désormais, les partis politiques en Europe sont sous une pression énorme à cause de ces réfugiés et de leur électorat qui s’oppose à leur arrivée. Sans parler des partis dissidents qui ont le vent en poupe et qui disent : « regardez ce que les gens en qui vous aviez confiance ont fait. Ils ont changé votre pays. On n’est plus en Allemagne, on est en Syrie. »

C’est un désastre. Seuls des Américains stupides pouvaient produire une telle catastrophe. Poutine doit-il faire quoi que ce soit ? Non, nous lui facilitons la tâche. Il n’a besoin de rien faire. Pourquoi devrait-il attaquer quelqu’un ? Les imbéciles d’Américains se détruisent eux-mêmes ainsi que leurs alliés. Il s’agit d’un fiasco incroyable. »

Eric King : « Dr Roberts, certaines personnes craignent l’éclatement d’une 3e guerre mondiale mais malgré cela, l’or a atteint un plus bas de 5 ans et demi. Même si Washington a perdu le contrôle de la situation au Moyen-Orient, ils parviennent toujours à sauver les apparences. »

Dr Roberts : « L’or n’a pas atteint un plus bas, il a été poussé de façon artificielle à la baisse par les banques de lingots qui agissent pour la Fed. C’est ainsi qu’elle procède pour protéger la valeur du dollar. Cela se poursuit de plus belle depuis l’automne 2011. Régulièrement, aux moments les plus étranges du jour et de la nuit, sans aucune raison, on voit apparaître d’énormes positions short apparaître qui font chuter le cours (note : comme c’est encore arrivé vendredi dernier, un semi jour férié). (…) »

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Article de Jesse Café, publié le 24 novembre 2015 :

« La demande totale des pays de la Route de la Soie, qui inclut l’augmentation officielle des réserves d’or et les importations commerciales, est passée de 1493 tonnes en 2000 à plus de 27.000 tonnes en 2015.

On assiste cependant à une accélération de la tendance depuis la crise financière de 2008, cette augmentation s’étant élevée à 450 % durant ces sept dernières années. (…)

La demande des pays de la Route de la Soie a aisément surpassé la production minière mondiale durant ces deux dernières années. Ce qui signifie qu’il faut trouver de l’or ailleurs que dans les mines. Via le recyclage ou l’achat d’or détenu par d’autres entités.

S’agit-il d’une tendance cantonnée au seul gouvernement chinois ? Cela semble difficile à croire. La demande de la Chine et de la Russie ne représente qu’environ 11,4 % de l’augmentation de la demande d’or parmi les pays de la Route de la Soie :

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Il est intéressant de mettre ces faits en perspective avec le déclin continu de la quantité d’or présente dans les coffres occidentaux ainsi que l’augmentation des leviers dans les ETF, ce que certains appellent l’or synthétique un phénomène devenu particulièrement apparent depuis 2013 :

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Dans le graphique ci-dessous, on peut voir la comparaison entre les livraisons de métal physique à la bourse de Shanghai (rouge) et au Comex de New York (bleu) :

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Mon but n’est pas de convaincre qui que ce soit, de débattre ou encore moins de vendre quelque chose. Ce sont des faits établis, chacun sera libre d’en tirer les conclusions qu’il souhaite. (…)

Les pays de la Route de la Soie ont fait l’acquisition de plus de 25.000 tonnes d’or durant les quinze dernières années. Les mines ne sont pas en position d’augmenter leur production ou de chercher de nouveaux filons. De nombreuses années sont nécessaires pour rendre une mine opérationnelle.

D’après les chiffres de Nick Laird, la production mensuelle mondiale d’or et de 260 tonnes tandis que la demande mondiale et de 357 tonnes. D’où viendra l’or pour satisfaire la demande des pays de la Route de la Soie dans les cinq années à venir alors que la demande continue d’y progresser plus vite que la production ainsi que le recyclage du métal jaune ? »