Il y a quelques mois, nous avons partagé avec vous la traduction d’une page de la Banque des Pays-Bas concernant son opinion sur l’or. Sur celle-ci, on reçoit la validation d’une institution financière majeure concernant l’intérêt d’avoir de l’or. Désormais, c’est au tour de la Banca d’Italia de développer des arguments similaires (source) :

« Traditionnellement, l’humanité a utilisé l’or pour mesurer la valeur des biens. Dans presque toutes les civilisations anciennes, l’or était un moyen de paiement, notamment parce qu’il est extrêmement rare. D’après les derniers chiffres du World Gold Council, environ 183.600 tonnes d’or ont été extraites des mines. Cela correspond plus ou moins à un énorme bloc d’or de 21 m de côté. Selon l’US Geological Survey, il y aurait désormais environ 50.000 tonnes d’or dans la croûte terrestre. Le nombre de nouvelles mines baisse. Une partie de la valeur de l’or réside dans ses propriétés : il est malléable, résiste à l’oxydation et aux agents chimiques. On peut donc le conserver pendant de longues périodes sans qu’il se détériore.

L’or est une excellente protection contre l’adversité. Son prix a tendance à grimper lorsque les opérateurs estiment que le risque est élevé, par exemple durant les périodes d’escalade militaire ou, plus souvent, durant une crise financière, lorsque les actifs financiers les plus risqués, comme les actions, voient leur valeur s’effondrer. Dans ce scénario, la valeur de l’or a tendance à augmenter. Nous avons été témoins de cette fonction durant ces dernières années. Suite aux craintes concernant la résilience du système financier en 2008-2009 et la stabilité de l’euro en 2011-2012, l’or a particulièrement bien performé. Ce qui a profité aux banques centrales via l’augmentation de la valeur de leurs réserves d’or.

La protection contre l’inflation offerte par l’or est une autre bonne raison pour posséder une grande quantité de métal, vu que l’or a tendance à conserver sa valeur. De plus, contrairement aux devises étrangères, l’or ne peut être dévalué, ou voir sa valeur baisser en raison d’une perte de confiance. En cas de crise sur le marché des changes, les banques centrales peuvent utiliser leur or afin de maintenir la confiance dans leur devise nationale. La plupart du temps, elles utilisent leurs lingots en tant que garantie pour des prêts, ou en vendent afin de racheter leurs devises avec le produit de la vente. Un stock d’or important offre à une banque centrale une grande marge de manœuvre pour préserver la confiance dans son système financier national.

Bien sûr, les propriétés uniques de l’or ont un revers de la médaille, à savoir les coûts engendrés par son stockage et sa sécurisation. De plus, il n’offre pas de rendement. Avoir de l’or signifie donc faire une croix sur les intérêts que l’on peut percevoir lorsque des actifs basés sur la dette arrivent à maturité. Cependant, ces actifs ont une valeur fiduciaire qui peut s’évaporer en cas de crise systémique de confiance. Cela mine donc leur rôle en tant qu’actif de diversification. L’or, au contraire, n’est pas un actif émis par un gouvernement ou une banque centrale. Sa valeur ne dépend donc pas de la solvabilité d’un tiers.

Enfin, une partie de cet or est conservée à des fins prudentielles, par exemple dans le cas où la BCE devrait exiger une contribution additionnelle, qu’elle soit en devises ou en or. »