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Fin de publication

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SGE

Koos Jansen, qui fut en 2013 le premier à s’intéresser de près aux retraits d’or du Shanghai Stock Exchange et à déterminer qu’ils offrent une estimation fiable de la demande en gros de métal jaune en Chine, vient d’annoncer la nouvelle : ces chiffres ne seront désormais plus accessibles publiquement. Après les chiffres du GOFO du LBMA, la communauté de l’or se retrouve à nouveau orpheline de données intéressantes.

Comme Koos le note en préambule de son article : le dernier élément de transparence du marché de l’or vient de disparaître.

« Mes recherches concernant le marché chinois de l’or remontent à 2013 lorsque j’ai remarqué l’importance de chiffres publiés chaque semaine sur le site du Shanghai Gold Exchange (SGE) concernant les volumes d’or physique retirés de ses coffres. Il m’est apparu que ces chiffres, sur base annuelle, correspondaient exactement à la demande d’or en Chine rapportée par le China Gold Market Report. De ce fait, les retraits hebdomadaires d’or du SGE permettaient donc de jauger la demande pour le métal semaine après semaine. C’est ce qui m’avait poussé à publier chaque semaine les chiffres de retraits d’or du SGE accompagnés d’une analyse du marché chinois révélant graduellement sa véritable importance. Si bien qu’en 2015, tous les médias spécialisés dans l’or se penchaient sur ces chiffres !

De plus, la véritable demande d’or en Chine et bien supérieure aux estimations du World Gold Council dont les rapports concernant la production et la demande d’or sont suivis par la plupart des investisseurs du monde entier. Cet écart m’a poussé à creuser ce dossier. Toutes les preuves que j’ai rassemblées vont dans le même sens : la demande chinoise est environ deux fois supérieure à celle rapportée par le WGC. (…) Tandis que le fruit de mon travail se répandait dans les sphères de l’or, les Chinois commencèrent à brouiller les pistes.

Or : pourquoi les Chinois se comportent comme des joueurs de poker ?

Après la crise de 2008, il devint de plus en plus évident aux échelons supérieurs du Parti Communiste que le système monétaire international n’était pas viable. Le développement du marché chinois de l’or dont les débuts remontent à la fin des années 70 mais qui a véritablement démarré en 2002 avec la création du SGE devait accélérer la protection de l’économie chinoise contre les tempêtes futures. Seconde économie du monde mais avec tant de retard en ce qui concerne les réserves d’or en raison du fonctionnement en autarcie de l’économie chinoise depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Communiste en 1949, la Chine a de fortes raisons pour vouloir accumuler de l’or en catimini. Si elle devait acquérir en toute transparence les quantités qu’elle achète le cours de l’or en serait grandement affecté ce qui réduirait le laps de temps disponible pour résorber son retard sur les réserves d’or occidentales.

Les Chinois décidèrent donc d’introduire d’autres mesures pour dissimuler leur appétit insatiable pour l’or. En plus de ne pas dire la vérité sur leurs réserves d’or réelles et de dissimuler des chiffres d’importation dans leurs rapports des douanes, les Chinois décidèrent de mettre un terme à la publication en anglais des China Gold Market Reports et SGE Annual Reports tandis que les rapports de 2014 ont été supprimés du site. Le Gold Yearbook de la China Gold Association n’est plus publié en version électronique, il est uniquement disponible en version papier. Lorsque j’ai demandé l’année dernière à mon contact du SGE si je pouvais acheter un exemplaire du China Gold Market Report, on m’a répondu : « à cause des nouvelles réglementations en vigueur, les rapports ne sont plus disponibles pour le grand public ». Tous ces rapports permettaient de connaître la demande d’or en Chine ainsi que la quantité de métal jaune importée chaque année.

Depuis peu, les retraits du SGE ne sont plus publiés

Dissimuler ces rapports n’était pas suffisant pour les architectes du marché de l’or chinois. Apparemment, il fallait mettre un terme à la publication des chiffres concernant les retraits d’or hebdomadaires du SGE vu qu’ils permettaient de déterminer la véritable place du marché de l’or en Chine et que trop d’esprit curieux s’y intéressaient. Les Market Data Weekly Reports en chinois pour les deux premières semaines de 2016 ne mentionnent pas les retraits d’or. (…)

Lorsque j’ai contacté par téléphone le SGE, on m’a dit que les « volumes déchargés » (retraits) ne seraient plus publiés une déclaration conforme au contenu des nouveaux rapports. C’est un véritable désastre pour la communauté de l’or. Les retraits d’or du SGE fournissaient un indicateur transparent et unique pour jauger la demande d’or en Chine. Désormais, cette statistique n’est plus disponible. Cependant, le fait que les Chinois aient décidés de ne plus publier ces statistiques ne fait que prouver l’importance des chiffres du passé ! Jusqu’en décembre 2015, on a pu connaître avec précision la demande d’or en Chine au niveau des grossistes. Une vérité devenue trop inconfortable pour les autorités chinoises.

Et maintenant, que vais-je faire ? Je suppose que je vais me pencher sur d’autres marchés… »

Chaque jour, nous consultons le site du LBMA pour nous enquérir des taux GOFO. Récemment, la page a été modifiée pour ajouter une nouvelle date de fin de publication de ces données, ainsi qu’un avertissement absolument hallucinant concernant les données LIBOR et du cours de l’argent.

Tout d’abord, le LBMA avait déclaré qu’il ne publierait plus les taux GOFO à partir du 22 septembre 2014. Bizarrement, les données ont continué d’être alimentées. Désormais, le LBMA a modifié sa page en affirmant que les taux GOFO, définis chaque jour à 11 heures (heure de Londres), ne seront plus publiés cette fois à partir du 30 janvier 2015.

Mais à côté de ces cafouillages dont nous ignorons les raisons, le LBMA a également ajouté un nouvel avertissement en dessous de la page qui reprend les données de Fixing et du GOFO. Il dit ceci :

« Les données de fixing sont reproduites avec l’aimable permission de  London Gold Market Fixing Ltd. Merci de vous référer à son site web pour l’utilisation commerciale de ces données, ainsi que leur horodatage. Attention : le BBA LIBOR Limited, les banques qui contribuent au BBA LIBOR, Reuters et/ou LBMA ne peuvent être tenu pour responsable en cas d’irrégularités ou d’inexactitude concernant le BBA LIBOR (pour plus de détails, voir la section « Prices Explained »).

Le LBMA Silver Price (« Benchmark ») appartient au LBMA. Il est calculé par CME Benchmark Europe Ltd. (“CMEBEL”) est administrée par Thomson Reuters Benchmark Services Ltd. (“TRBSL”). Le LBMA, le CMEBEL et le TRBSL, leurs groupes, ainsi qu’aucun des directeurs, cadres, employés ou agents des sociétés n’est responsable par rapport à l’exactitude et à l’exhaustivité du LBMA Silver Price. (…) »

Des clauses de non-responsabilité assez étranges pour une société qui publie des chiffres ; ce n’est pas Météofrance, n’est-ce pas ? À moins que ces chiffres ne reflètent pas la réalité, comme l’affirme James Turk, et dans ce cas le LBMA fait bien de prendre ces précautions…