Les banquiers centraux à la guillotine

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Le mois dernier, une dépêche de Bloomberg suggérait que l’or montait car les investisseurs opérant sur les marchés financiers commençaient à douter du bien-fondé des politiques monétaires des banques centrales.

La semaine précédente, Albert Edwards, économiste à la Société Générale, analysait que le peuple allait bientôt se révolter contre ces mêmes banquiers centraux.

« Les citoyens déchaineront bientôt leur colère sur les banquiers centraux pris la main dans le sac »

Si cela se produit, si la majorité des gens finissent par admettre ce que je m’use à écrire depuis presque deux décennies, l’or devrait peu après pulvériser tous ses records.

Tout simplement parce que les banquiers centraux « font » la monnaie (sous forme de crédit). Ils ont créé, certifié et diffusé de la fausse monnaie. Cette fausse monnaie a fait monter les prix de toutes sortes d’actifs (immobilier, actions, obligations). Pour acheter ces actifs et se constituer un patrimoine, la classe moyenne doit plus travailler qu’avant l’apparition de cette fausse monnaie ; son épargne est non seulement de moins en moins rémunérée mais perd de son pouvoir d’achat.

A titre d’exemple, voici l’évolution de l’accession à la propriété aux Etats-Unis et des loyers rapportés à l’économie américaine. Gardez présent à l’esprit que le revenu net des Américain stagne depuis 10 ans. En réalité, si on gratte un peu les statistiques, beaucoup d’Américains s’appauvrissent.

Moins d’Américains sont propriétaires de leurs maisons et les loyers sont plus chers. Même phénomène au Royaume-Uni et dans tous les pays où gonfle une bulle immobilière.

La politique monétaire des banquiers centraux a donné naissance à un impôt inflation sélectif, frappant spécialement la classe moyenne. Les privilégiés, ceux qui ont déjà un gros patrimoine constitué et accèdent au crédit presque gratuit, peuvent utiliser l’effet levier pour continuer à s’enrichir.

Le grand public comprenant le trucage et la malversation voudra fuir cette fausse monnaie. Quelle monnaie alternative choisira-t-il alors ? Le bitcoin, une autre cryptomonnaie, l’or, l’argent ?

Mais nous n’en sommes pas encore là. Revenons à Albert Edwards et à sa prospective. Quand la rage pourrait-elle se déchaîner ? Quand le peuple voudra-t-il pousser les banquiers centraux à la guillotine et mettre leurs têtes sur des piques ? Quand la « relique barbare » sera-t-elle exhumée ? Quand un peu de bon sens financier reviendra-t-il ?

La rage se déchaînera au prochain choc sur les marchés, selon Albert Edwards. Les banques centrales auront grillé toutes leurs cartouches et seront incapables de proposer quelque chose (en dehors de plus de tout ce qui n’a pas marché). Les politiciens seront tout à fait disposés à désigner les banquiers centraux à la vindicte populaire.

L’euro, piloté en toute indépendance par Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs, faux-monnayeur patenté, pourra-t-il survivre ?

Dans le doute, un peu d’or ou d’argent-métal (ça tombe bien, ils ne sont pas chers actuellement) sont une bonne précaution que vous ne regretterez pas.

On ne regrette jamais d’avoir pris trop de précautions. On regrette toujours de ne pas en avoir pris assez.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Simone WaplerArticle de Simone Wapler, via les Publications Agora. Simone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l’éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.

Elle a publié « Pourquoi la France va faire faillite » (2012), « Comment l’État va faire main basse sur votre argent » (2013), « Pouvez-vous faire confiance à votre banque ? » (2014) et “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles.