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Produits dérivés

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Citibank

Traduction de l’article publié sur WallStreetOnParade.com le 14 juillet 2016, montrant qu’après avoir implosé en 2008 à cause de ses produits dérivés, Citigroup est à nouveau la banque américaine la plus exposée :

« D’après la FDIC, au 31 mars 2016 il y avait 6122 institutions financières assurées auprès de ses services. Parmi ces 6122 banques commerciales et caisses d’épargne, 4701 établissements ne possédaient aucuns produits dérivés. Autrement dit, 77 % des banques américaines ne voient aucune raison de s’engager sur le terrain miné des produits dérivés.

Par contre, Citigroup, la banque qui a spectaculairement implosé en raison de son exposition à des produits dérivés toxiques et aux subprimes en 2008 jusqu’à voir le cours de son titre passer en dessous de la barre du dollar pour ensuite bénéficier du plan de sauvetage le plus massif de l’histoire malgré son insolvabilité, détient aujourd’hui davantage de produits dérivés que 4701 banques américaines réunies, toutes ces banques étant garanties par le contribuable.

classement américain des banques exposées aux produits dérivés

D’après les services du Comptroller de la FDIC et son rapport de fin mars, la holding de Citigroup détient un montant notionnel de produits dérivés de 55,6 trillions de dollars (voir ci-dessus). De ce montant, 52 trillions se trouvent dans Citibank, garantie par l’État.

Si vous ajoutez les 4 autres mégabanques de Wall Street que sont la JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America et Morgan Stanley aux produits dérivés de Citigroup, cela représente un total de 231,4 trillions de dollars de produits dérivés, soit 93 % de tous les produits dérivés du microcosme de la FDIC, composé de 6122 banques et caisses d’épargne.

L’administration Obama ne se nous avait-elle pas dit que permettre à ces « Frankenbanks » de continuer à parier sur les produits dérivés tout en mettant l’économie américaine et les contribuables en danger serait de l’histoire ancienne grâce à la réforme financière initiée par la loi Dodd-Frank, ratifiée en 2010 ? Quel genre de réforme de Wall Street permet à Citigroup et à ces 4 autres banques de maintenir un fusil chargé sur la tempe des contribuables ?

D’après la “Push-Out Rule” (article 716 de la loi Dodd-Frank), les banques ne devaient plus être autorisées à détenir de produits dérivés à partir de juillet 2015. Le projet de loi prévoyait que ces produits dérivés devaient être déplacés dans des filiales non-assurées afin de ne pas faire porter le risque sur les contribuables en cas de pertes ou d’implosion. Mais en décembre 2014, Citigroup est parvenue à faire amender le texte de manière à supprimer ce passage critique ; après quoi la loi fut adoptée et signée par Obama.

D’après les données du bureau du Comptroller, avant le plan de sauvetage massif de Citigroup en 2008, la banque possédait pour 41,3 trillions de dollars (valeur notionnelle) de produits dérivés. Le régulateur, au lieu de forcer la banque à réduire la voilure, lui a permis d’augmenter son exposition de 35 % !

Le 28 octobre 2008, Citgroup a reçu 25 milliards dans le cadre du programme TARP (rachat d’actifs pourris). Moins d’un mois plus tard, la Bank vacillait à nouveau et recevait 20 milliards supplémentaires. En raison de soucis de capitalisation, Citi a reçu pour 306 milliards de dollars de garanties sur ses actifs par le gouvernement. Et comme si tous ces flots d’argent n’étaient pas suffisants, la Fed a accordé en douce à Citi des prêts, sur une période de 2 ans, pour un total de 2 trillions de dollars à des taux souvent inférieurs à 1 %. (…) »

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too big to fail

Article de Dave Kranzler, publié sur IRD.com le 5 mai 2016 :

« Tout comme le parrain d’une mafia protège sa famille, la Fed est en train de mettre en place un nouveau niveau de « protection » pour éviter l’effondrement des banques « Too Big To Fail ». La dernière mesure en date empêche les contreparties de récupérer leur collatéral auprès d’une banque en phase d’implosion. La mise en place de cette loi est un signal d’alarme indiquant que le système bancaire mondial se dirige tout droit vers un effondrement dévastateur.

Le prétexte de cette mesure est qu’elle empêchera un nouvel événement de type Lehman, qui a failli emporter avec lui l’intégralité du système financier. Mais ce ne fut pas Lehman en tant que tel qui a provoqué l’effondrement de 2008. Bear Stearns a mis le feu aux poudres, Lehman fut choisi pour être jeté dans ce mélange explosif et AIG/Goldman ont injecté du napalm dans l’explosion.

La source de cet article provient de Bloomberg (un papier intitulé : plus de protection de la Fed pour les grosses banques). J’ai dû lire l’article à plusieurs reprises pour bien lire entre les lignes alors que Bloomberg ne cessait de parler de la nouvelle règle en tant que proposition tout en dissimulant ou en déformant les faits.

La nouvelle règle empêchera les contreparties des grosses banques de récupérer leur collatéral lorsqu’elles s’effondrent. Lorsqu’un fonds passe une transaction portant sur des produits dérivés avec une banque, le fonds est obligé de fournir du collatéral, souvent sous la forme de Treasuries. La banque a ensuite la possibilité d’hypothéquer ce collatéral ou de l’utiliser en son nom comme bon lui semble. Mais si la banque s’effondre et que le fonds est en position « gagnante » sur ces produits dérivés, il va dans l’intérêt du fonds de récupérer ce collatéral. La nouvelle règle de la Fed l’empêchera. Cette nouvelle règle va bien plus loin que les produits dérivés ; elle concerne aussi les pensions livrées (repo) et les prêts/emprunts de titres. Mais la vérité est que la Fed vise surtout les produits dérivés.

L’implémentation de cette nouvelle régulation étend le concept de « renflouement interne » (bail-in) aux contreparties des grosses banques Too Big To Fail comme les hedge funds, les sociétés d’assurances et les caisses de retraite. L’architecte de cette nouvelle règle bancaire est le Financial Standards Board, la branche « politiques » de la BRI. C’est cette entité qui a couché sur papier les règles du renflouement interne largement adoptées en Europe. Ces mêmes règles de bail-in sont désormais méthodiquement appliquées au système bancaire américain. (…) En bref, cette règle va de facto transférer la richesse des contreparties des banques aux banques. (…) Elle les encourage également à prendre toujours plus de risques vu que les probabilités de naufrage sont réduites davantage.

Très curieusement, cette nouvelle loi est « asymétrique ». Si la banque fait faillite, elle s’adjuge le collatéral des contreparties. Mais si les contreparties font faillite, elles ne disposent pas de ce droit, la banque peut récupérer son collatéral. C’est exactement ce qui s’est passé avec l’effondrement de MG Global, lorsque JP Morgan a récupéré tout son collatéral au détriment des clients de  MF Global. À l’époque, une telle pratique était illégale, mais le système judiciaire avait détourné le regard.

Si de gros dégâts seront occasionnés aux entités qui font affaire avec ces banques, en bout de course ce sont les investisseurs de ces entités, donc les gens qui ont de l’argent dans un hedge fund, dans une assurance-vie ou une caisse de retraite qui payeront principalement les pots cassés. Soit vous, les citoyens. Une fois de plus, le peuple se fera voler par le système financier avec la complicité du gouvernement. (…)

La seule façon de vous protéger consiste à mettre un maximum de votre patrimoine à l’abri de ces entités. Non seulement ces nouvelles règles sont un avertissement clair quant au prochain effondrement financier, mais la Fed et le gouvernement viennent de faciliter la confiscation de votre patrimoine. (…) »

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz du 20 octobre 2015 (source KWN) :

« Nous venons d’avoir une nouvelle confirmation que les banques jouent avec des sommes dont elles-même ne réalisent pas l’importance. Un jeune employé de la Deutsche Bank a versé 6 milliards à un hedge fund, un montant qui était la valeur brute de la position alors qu’il aurait du payer le net. Cela résume l’exposition incontrôlable du système bancaire qui mènera sa perte.

Comment un jeune employé d’une grosse banque a-t-il pu payer la somme incroyable de 6 milliards de dollars sans aucun contrôle ? Le monde est devenu fou. Les gouvernements créent des trillions, les banques émettent des produits dérivés pour des quadrillions, les banques jonglent quotidiennement avec des centaines de milliards. Les zéros n’ont plus aucune signification ou valeur. Il s’agit d’une routine pour ceux qui jonglent avec ces chiffres, mais personne ne réalise le risque ou l’exposition réelle qui se cachent derrière.

Rappelez-vous qu’en 1995 la banque londonienne Barings s’est effondrée après une perte de 827 millions de livres sterling. La chute de Barings a presque fait couler toutes les banques de Londres. La création monétaire et de crédit de ces 20 dernières années a créé un système financier incontrôlable, largement surleveragé et désespérément sous-capitalisé.

Les 100 trillions de produits dérivés de la Deutsche Bank

Prenons simplement la Deutsche Bank, dont les positions sur les produits dérivés sont officiellement de 75 trillions. Le chiffre réel est probablement au-dessus des 100 trillions, mais prenons le chiffre officiel pour argent comptant. Les actifs de la Deutsche Bank s’élèvent à 83 milliards de dollars. Cela signifie qu’une perte de 0,1 % sur sa position brute « produits dérivés » est suffisant pour mettre la banque en faillite. Or il est quasi sûr que toute perte sur ces produits dérivés serait supérieure à 0,1 %.

DB est également trop grosse pour l’Allemagne. Ses positions sur les produits dérivés représentent 24 fois le PIB annuel allemand, ou encore le PIB annuel mondial. DB ne peut être sauvée par l’Allemagne, et même par le monde. Mais la Bundesbank et la BCE essayeront quand même, créant au passage une nouvelle république de Weimar hyperinflationniste pour l’Allemagne.

Lorsque la prochaine crise se déclarera, les pertes sur ces produits dérivés pourraient s’élever à 100 % de l’exposition brute. De simples rustines ont été appliquées sur la crise de 2007. L’exposition du système financier actuel est bien pire qu’en 2007. Les banques affirmeront bien entendu le contraire. En théorie elles ont raison mais lorsque la contrepartie va au tapis, l’exposition brute devient la perte réelle.

La bombe à retardement des produits dérivés

Il est fort probable que l’exposition mondiale aux produits dérivés d’au moins 1,5 quadrillion n’engendrera pas une nouvelle crise financière mais un véritable désastre. Toutes les bulles des classes d’actifs, créées par les gouvernements et les banques centrales durant les 25 dernières années, doivent exploser avant que la croissance réelle puisse reprendre.

Mais les banques centrales n’abdiqueront pas facilement. Elles créeront des quantités d’argent inimaginables. Mais vouloir résoudre un problème avec la méthode qui en est l’origine ne fera qu’empirer les bulles et l’ampleur de l’effondrement, tout en générant un épisode temporaire d’hyperinflation qui sera ensuite suivi par une déflation/dépression. Malheureusement, la probabilité d’un tel scénario me semble très élevée. C’est pourquoi protéger son patrimoine est crucial. L’or physique (et un peu d’argent) est la meilleure protection aussi bien contre l’hyperinflation que la déflation. Ne perdez pas de vue que dans un crash déflationniste le système bancaire ne survit pas vu que les crédits ne sont pas remboursés. L’or deviendra alors la monnaie comme il l’a été pendant 5000 ans. »

Extraits de l’interview d’Eric Sprott parue le 28 janvier sur KWN :

« Il est très ironique que la classe d’actifs la plus volatile aujourd’hui soit les devises. C’est très étrange alors que les marchés restent à flot. Malgré cela, nous voyons de nombreuses monnaies chavirer comme l’euro, le yen, le rouble ou encore le dollar canadien. (…) Je me suis toujours demandé ce qu’il va arriver au quadrillion de dollars de produits dérivés qui dépendent de plusieurs actifs dont les devises. Nous avons déjà eu un avant-goût de ce qui nous attend lorsque le franc Suisse a été réévalué, ce qui a mis en faillite du jour au lendemain des sociétés.

Il faut se demander comment les banques sont positionnées sur ces produits dérivés. Nous assistons à une énorme volatilité sur le marché des changes, or de nombreux produits dérivés en dépendent. C’est également le cas avec le pétrole, les marchés émergents et les marchés obligataires. Quel est l’impact des mouvements de ces marchés sur les produits dérivés que possèdent les banques ? Ces produits dangereux peuvent faire basculer la situation financière d’une société sur un laps de temps très court.

Sur la pression qui augmente sur les banques centrales et le GLD qui est repassé à l’achat

Il y a de nouveau des craintes concernant la stabilité de l’euro et du système bancaire notamment en raison de l’éventualité d’un défaut grec. Cela pousse les gens à se tourner vers l’or. Le GLD a d’ailleurs rapporté avoir augmenté ses réserves de 40 tonnes ce mois-ci, ce qui change le paysage de la demande car ce mouvement du GLD n’était pas anticipé.

Nous savons déjà qu’en Chine et en Inde il y a plus de demande que d’offre. Les banques centrales occidentales sont donc plus que jamais sous pression car elles doivent fournir du métal. À un moment donné, elles pourraient tout simplement cesser de le faire en disant « ok, nous avons plafonné le cours de l’or jusqu’à présent, mais maintenant… c’est terminé. »

Autre fait intéressant : les positions ouvertes au Comex sont actuellement énormes. Il sera intéressant de voir combien de contrats ouverts demanderont livraison vendredi. Le nombre de contrats ouverts est bien supérieur au métal physique que le COMEX possède. (…) »

Plus les gouvernements occidentaux repoussent les problèmes, plus les risques d’y être confrontés augmentent, ainsi que leur gravité. Le Dr Malmgren, ancienne conseillère de Bush, voit de nombreux nuages noirs s’amonceler. C’est ce dont elle a parlé durant sa dernière interview sur KWN :

Sur les produits dérivés

Regardons les choses en face : la valeur des contrats des produits dérivés à travers le monde est supérieure à un quadrillion de dollars. Cette somme est tellement énorme qu’elle est impossible à se représenter. L’une des raisons pour lesquelles les régulateurs à travers le monde ont insisté pour que les banques augmentent leur capital ou leurs réserves en liquide, c’est pour les préparer à la prochaine crise des produits dérivés.

La question est de savoir si les préparatifs ont été suffisants pour y faire face. Le marché des produits dérivés est tellement énorme que les banques pourraient être dépassées si les choses dégénéraient.

Volatilité stupéfiante sur les marchés clés

L’autre motif de souci est la volatilité à laquelle nous assistons. En décembre, la bourse d’Athènes a baissé de 20 % en une seule semaine, au tout début des discussions concernant le « Grexit » (sortie de la Grèce de l’euro). Il s’agit d’un mouvement énorme sur une période si courte. En quelques mois, le pétrole a chuté de plus de 50 %. Le rouble s’est également effondré de plus de 50 %.

Les gouvernements ne pourront pas gérer une nouvelle crise des produits dérivés

Vu que les gouvernements ne pourront pas venir à la rescousse du secteur bancaire, il devra se tourner vers les contribuables. En fait, les pertes du système financier sont déjà reportées sur ceux-ci, sur les travailleurs, les retraités. Les gouvernements font pression pour que les citoyens endossent de plus en plus les pertes.

Ils appliquent notamment une persuasion morale sur les fonds de pension afin qu’ils accumulent toujours plus d’obligations d’État. Le jour où plus personne ne voudra de ces obligations, qui devra couvrir les pertes ? Ce seront les retraités. Je pense que les gens doivent bien comprendre cette problématique.

Dans un même discours, Alan Greenspan a répété 5 fois que le gouvernement peut créer de l’argent de façon illimitée. Il a raison. La Fed reste persuadée qu’elle n’a fait que s’échauffer à la planche à billets, qu’elle pourrait créer bien plus d’argent si nécessaire. Vu  qu’ils ont pu injecter tout ce capital dans les marchés depuis 2007 sans créer d’inflation, ils pensent qu’il n’y a aucun souci à se faire pour celle-ci. Mais les marchés émergents sont déjà victimes d’une inflation historique.

Le vol des contribuables par leur gouvernement a déjà démarré

C’est assez difficile à admettre, mais je dois vous dire que le vol des contribuables par leur gouvernement a déjà démarré. Les services publics ne sont plus ce qu’ils étaient, alors que les impôts ont augmenté, si bien que le niveau de vie baisse. La politique insidieuse d’inflation est une autre méthode utilisée par le gouvernement pour sortir du piège de la dette sans montrer au grand jour qu’un transfert de richesse a eu lieu entre la population et le système financier. Pour faire court, le gouvernement taxe les citoyens afin qu’ils payent pour les excès du système financier. C’est pourquoi ce vol étatique a déjà démarré, même s’il n’est pas visible au grand jour. »

Le risque de « Chypriotisation »

La prochaine étape risque d’être les confiscations des comptes bancaires et des assurances-vie. Par exemple, cela pourrait se matérialiser par l’obligation des fonds de pension de détenir des « actifs sûrs », dont la définition serait les obligations d’État. Cela se passe déjà en ce moment. Tous les fonds de pension achètent énormément d’obligations.

Mais lorsque les États feront défaut, ou tout simplement lorsque les taux d’intérêt augmenteront, ceux qui détiennent ces actifs devront essuyer de grosses pertes, soit les retraités. Soudainement, la valeur de leur bas de laine chutera de 30 % ou plus. Ces pertes seront similaires à ce que la population a dû subir à Chypre, seules les modalités pratiques restent encore à définir. »

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Quand assisterons-nous à la prochaine crise bancaire (américaine) ? Lorsqu’une crise sur les produits dérivés éclatera, d’après Michael Snyder (traduction condensée des points clés de l’article) :

De 4, les banques « too big to fail » sont désormais passées à 5 aux Etats-Unis, le nombre d’établissements financiers possédant pour plus de 40 trillions de dollars de produits dérivés pouvant désormais former un quintet. Pour vous donner un point de comparaison, l’énorme dette des États-Unis et de 17,7 trillions de dollars.

Les marchés des produits dérivés sont complexes, opaques ; ils ressemblent plus à des paris qu’à des investissements. D’après le New York Times, les banques américaines possèdent presque 280 trillions de dollars de produits dérivés, même si la crise de 2008 a démontré à quel point ils étaient dangereux. Des modèles informatiques de gestion du risque sont censés protéger les banques, mais il y a un hic : ceux-ci se basent sur des supputations, bien humaines, elles. Lorsqu’un événement exceptionnel se déclare, comme une guerre ou une épidémie, ces modèles se retrouvent dans l’inconnu.

Mais ce problème n’est pas cantonné aux États-Unis : d’après la Banque des Règlements Internationaux, les banques à travers le monde possèdent des produits dérivés pour 710 trillions de dollars !

JP Morgan

Actifs : environ 2,5 trillions
Exposition aux produits dérivés : plus de 67 trillions

Citibank

Actifs : presque 1,9 trillion
Expositions produits dérivées : presque 60 trillions de dollars

Goldman Sachs

Actifs : moins d’un trillion
Exposition aux produits dérivés : 54,5 trillions de dollars

Mais il y a bien pire : la Deutsche Bank, avec ses actifs de 522 milliards d’euros, est exposée aux produits dérivés à concurrence de 75 trillions de dollars, soit 5 fois le PIB de l’Europe, ou l’intégralité du PIB mondial !

D’après Snyder, le secteur bancaire a gonflé de 37 % par rapport à la crise de 2008. Le risque systémique est donc plus grand que jamais.

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Greenspan-Livre-PrevisionsDans tout secteur normal, une personne qui a gaffé a la décence de prendre du recul et de se faire oublier. Le monde bancaire étant déconnecté de la réalité, quoi de plus étonnant de voir Alan Greenspan sortir un livre sur les prévisions économiques. Comme le note ZeroHedge, c’est comme si Lance Armstrong publiait un bouquin donnant des conseils sur la façon de remporter le tour de France sans se doper.

Même un site comme Bloomberg, en parlant de la parution de « The map and the territory », n’épargne pas l’ancien président de la Fed, qui n’avait rien vu venir. Écrire un livre donnant des conseils sur les prévisions économiques après la débâcle de 2008 quand on a été président de la Fed de 1987 à 2006 relève presque de la provocation, d’autant que l’auteur se garde bien de parler de son historique en la matière…

Durant les interviews de promotion de son livre, il a quand même fini par admettre que lui, ainsi que ses collègues du FOMC, savaient qu’il y avait une bulle immobilière en 2007, mais qu’ils ont mal calculé le timing. Ah zut alors…

Pourtant, tout le monde savait ce qu’il se passait. Le secteur de la construction prenait des proportions absurdes, on parlait à l’époque des « NINJA loans » (prêts ninja, ninja étant l’acronyme de no income no job no assets, soit sans revenus, sans travail et sans actifs).

Pourtant, comme le note Dean Baker, qui est quelque peu furax sur le bon vieux Greenspan, celui-ci avait loué la création de produits hypothécaires exotiques et hasardeux (http://www.federalreserve.gov/boarddocs/speeches/2004/20040223/), oubliant totalement son rôle à remplir dans la régulation des développement des produits financiers.

Mais ce n’est pas tout. Alan Greenspan n’a non seulement rien fait pour limiter le développement des produits dérivés, mais a même participé au torpillage d’une tentative de mise en place de régulation de la part de l’administration Clinton. Le plus gros de son héritage, en termes de conséquences, est encore à venir. Mais rassurez-vous : ce ne sera de toute façon pas de sa faute.

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Produits-Derives-Or-Egon-von-GreyerzEgon von Greyerz : « il y a quelques années, lorsque le problème grec est apparu, on s’est rendu compte que Goldman Sachs avait aidé la Grèce à maquiller l’état réel de ses finances à l’aide de produits dérivés.

Aujourd’hui, nous venons de découvrir que l’Italie a fait exactement la même chose. Ils ont fait l’acquisition de produits dérivés à la fin des années 90 pour satisfaire aux critères de l’euro. Cette position s’élevait à 31 milliards de dollars. Aujourd’hui, le pays est en perte de 8 milliards sur ces produits dérivés, soit 30 % de leur position.

Ceci ne fait qu’illustrer ce que je n’arrête pas de répéter, qu’une grande partie des produits dérivés du monde, qui s’élèvent à plus d’un quadrillion de dollars, ne vaut presque plus rien. Si on applique le cas de l’Italie à l’ensemble du marché, cela signifie qu’il y a des pertes pour 300 trillions de dollars. Ce chiffre ne me surprendrait pas du tout. Si c’est vrai, cela signifie qu’aucun acteur ne peut couvrir ces pertes. Cela signifie que le système financier dans son ensemble est en faillite.

Egon von Greyerz : QE à volonté pour couvrir les pertes des produits dérivés

C’est la raison pour laquelle on voit tous ces assouplissements monétaires avoir lieu. Malgré la propagande sur leur fin, ou sur leur diminution. Les banques centrales mentent donc à la population et cachent la vérité.

Pour continuer avec l’Italie, en ce moment 160 grandes entreprises sont en concordat judiciaire. L’Italie a une dette de 238 % de son PIB, mais c’est probablement plus à cause des pertes cachées sur ses produits dérivés.

Cela signifie que nous ne pouvons pas croire les chiffres du gouvernement. Cela signifie aussi que les banques sont virtuellement en faillite. Personne ne pourra rembourser tous ces montants. Les banques centrales, qui ont acheté énormément d’obligations, sont donc également aussi virtuellement en faillite.

Le bilan de la BCE a augmenté de 200 % sur les 11 dernières années. Celui de la Fed de 400 %. Celui de la banque centrale chinoise de 660 %, tandis que la banque d’Angleterre décroche la timbale avec 800 %. Son bilan est passé de 2 à 9 trillions de dollars. Cette dette ne pourra jamais être remboursée.

Il n’y a pas que les banques commerciales qui abusent de l’effet de levier, les banques centrales le font aussi. En France, c’est aussi le foutoir. Le Crédit Agricole utilise un effet de levier de 46 ! Il suffit donc de 2 % de prêts non remboursés pour voir tout le capital de la banque s’évaporer. Crédit Suisse utilise un effet de levier de 40, Deutsche Bank de 30.

Il suffit que ces banques aient des impayés de 2 à 5 % et c’est terminé. Il ne faut pas oublier qu’elles peuvent également évaluer leurs actifs sur une valeur fictive. Si les règles comptables étaient prudentes, la plupart des banques seraient probablement déjà en faillite.

En Chine, il y a de gros problèmes de liquidités. Cela va causer d’énormes problèmes à l’économie chinoise, car les banques ont arrêté de prêter. Tous ces problèmes vont entraîner davantage d’assouplissements monétaires, et non l’inverse.

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Jim Sinclair Banques Dérivés CFTCLa prochaine crise financière en Amérique du Nord sera un pur produit de la FASB, les gardiens du temple de l’audit, qui permettent aux banques d’évaluer leurs produits dérivés OTC à la valeur que la banque désire leur donner.

Bientôt, les dépôts des banques occidentales pourraient disparaître dans ce trou noir. Washington a manœuvré de façon à contourner la CFTC, qui voulait imposer une évaluation en fonction de leur valeur réelle. Si les banques avaient dû évaluer leurs produits dérivés à leur véritable valeur, nous aurions eu une panique bancaire dès le mardi qui suit le Memorial Day (aujourd’hui). Les USA sont passés à un cheveu d’une nouvelle crise bancaire. La prochaine fois, cela risque d’être encore plus juste.

Sans le trafic légal de leur bilan, toutes les banques seraient en faillite selon Jim Sinclair

Si les banques devaient enregistrer leurs pertes réelles sur ses dérivés, qui figurent aujourd’hui dans leur bilan de façon surévaluée, l’intégralité de leur capital pourrait se volatiliser, ce qui signifie que les déposants seraient en grand danger. Ce qui sépare l’intégralité des banques occidentales de celle de Chypre, c’est cette évaluation honnête des dérivés que les banques ont dans leur bilan. Il s’agit non seulement du Ponzi ultime du siècle, mais de toute l’histoire de la finance. La valeur notionnelle réelle des dérivés OTC en cours n’est pas de 700 trillions, mais de plus d’un quadrillion. C’est ce chiffre qui a été rapporté par le BIS lui-même (Bank for International Settlements, un organisme de coopération entre les différentes banques centrales du monde), avant qu’ils ne réduisent ce chiffre à 700 trillions en adoptant un nouveau mode d’évaluation de « valeur à maturité », autant dire une véritable farce.

Nous, l’entièreté du secteur financier occidental, attendons la banqueroute généralisée. Si les règles comptables de la CFTC avaient été implémentées, sans l’annulation de la FASB, les USA auraient dû démarrer une grande opération de renflouement de son système financier dès ce mardi. Ce sera l’objet de ma présence à Londres la semaine prochaine ; je me serais bien passé de me rendre dans cette ville que j’ai déjà dû visiter 100 fois.

Jim Sinclair (source : http://www.jsmineset.com)

Jim Sinclair est un spécialiste des métaux précieux et des devises depuis plus de 40 ans.